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«On peut voir le train, mais on ne peut pas s’y rendre!»

«On peut voir le train, mais on ne peut pas s’y rendre!»
Photo by: Isabelle Bergeron/TC MédiaComme des dizaines de passagers du Train de l'Est, Kasia Rajca emprunte le petit sentier clandestin du ruisseau Pinel pour se rendre à la gare de Rivière-des-Prairies.

Comme plusieurs propriétaires du Domaine du Ruisseau Pinel, les Rajca-Rouette ont été attirés dans le quartier par le projet de Train de l’Est. Près de dix ans après leur achat: déception. Ils estiment que le train est plus accessible aux banlieusards qu’aux Prairivois.

«On est si proche. Je peux le voir, mais je ne peux pas m’y rendre», explique Kasia Rajca.

Bien que leur maison soit située à seulement 500 mètres de la gare, le couple doit marcher 1,5km pour s’y rendre.

«Si on avait su que les tarifs seraient aussi élevés, que le train serait inaccessible et qu’il faudrait attendre aussi longtemps avant sa mise en marche, nous aurions acheté une maison en banlieue», ajoute Jean-François Rouette, son conjoint. Il souligne que l’accessibilité du quartier à la gare était un des arguments de vente du développement résidentiel.

Comme des dizaines de passagers du Train de l'Est, Kasia Rajca et Jean-François Rouette empruntent le petit sentier clandestin du ruisseau Pinel pour se rendre à la gare de Rivière-des-Prairies.
Kasia Rajca et Jean-François Rouette empruntent le petit sentier clandestin du ruisseau Pinel pour se rendre à la gare de Rivière-des-Prairies.

Un raccourci
Pour éviter de marcher de 30 à 45 minutes dans le froid, une dizaine de résidents du quartier empruntent un petit sentier qui traverse le boisé du ruisseau Pinel. Ils réduisent ainsi le trajet des deux tiers.

Ce sentier clandestin, qui passe entre le parc et une résidence, vers le boulevard Saint-Jean-Baptise, n’est toutefois pas entretenu par la Ville.

«Il y a de la neige et de la glace. Ce n’est pas entretenu alors c’est glissant et on risque de se casser une jambe. Il n’y a pas d’éclairage. Le soir, disons que je marche vite», raconte Mme Rajca.

Elle estime d’ailleurs que si ce sentier était aménagé et éclairé par des lampadaires, d’autres résidents qui utilisent leur voiture pour se rendre à la gare seraient plutôt tentés de l’emprunter.

«Ce n’est peut-être pas possible durant l’hiver, admet M. Rouette. Ils pourraient au moins déneiger le sentier et mettre des abrasifs, en attendant, pour le rendre plus sécuritaire.»

Le couple déplore également le manque de service de transport en commun. Le secteur n’est pas desservi par le taxi collectif et les autobus y sont peu fréquents et pas synchronisés avec les passages du train. Il est donc beaucoup plus avantageux de marcher jusqu’à la gare.

Un sentier prévu
M. Rouette a donc contacté les élus d’arrondissement pour signaler ce problème. Il n’est d’ailleurs pas le premier puisque d’autres citoyens demandent l’aménagement d’un sentier depuis plus de cinq ans.

«Ça fait des années qu’on se bat pour obtenir ce sentier, raconte Sylvie, une résidente du quartier. Un jour, quelqu’un a même mis une clôture alors nous avons déposé des pétitions, puis ils l’ont enlevée», raconte la dame.

En septembre 2009, la résidente avait d’ailleurs reçu une réponse de la Ville mentionnant qu’il «est possible [que ce terrain] soit aménagé afin de servir de passage vers le boulevard Saint-Jean-Baptiste. Entre-temps, il s’agit d’un terrain privé [appartenant à la Ville] et y accéder constitue une entrée par effraction sur une propriété privée».

Pas si simple
Maintenant que le Train de l’Est passe à leur porte, les résidents s’impatientent. La mairesse Chantal Rouleau admet d’ailleurs que ce dossier traîne depuis longtemps. Elle assure toutefois que l’accès aux trois gares est au cœur des priorités de son administration.

La mairesse a d’ailleurs rencontré la Direction des grands parcs de Montréal au sujet du sentier du ruisseau Pinel, la semaine dernière.

«La difficulté est que ce terrain est situé dans un milieu humide, explique Mme Rouleau. Nous devons maintenant attendre le feu vert du ministère de l’Environnement. Nous ne pouvons donc pas nous engager à construire un sentier à un endroit précis, mais nous travaillons fort pour que ça se réalise et ça semble très positif.»

De son côté, le conseiller Richard Guay estime que le temps presse pour éviter que les résidents ne détruisent une partie du terrain protégé en le piétinant. M. Guay a également signalé que son administration fait des représentations auprès de la Société de transport de Montréal pour qu’un service de taxi collectif soit également instauré dans ce quartier.

Le conseiller signale toutefois que la Ville ne peut pas entretenir ce passage clandestin.

Ce qu’ils en disent

«Chaque matin, mon fils prend sa voiture pour se rendre à la gare. Il dit que lorsque le sentier sera aménagé, il pourra y aller à pied. Moi, je passe par le sentier.» — Sylvie, résidente

David Germelus, résident
David Germelus, résident

«Une petite allée pavée serait beaucoup plus pratique parce que sinon, nous sommes obligés de faire un grand détour.» — David Germelus, résident

«L’autobus ne sert pas à grand-chose parce que ça prend le même temps à pied.» — Claude Tetone, résident

«Ça fait dix ans qu’on parle du train et ils n’ont pas pensé à nous donner accès à la gare. Je trouve ça frustrant! On a un peu l’impression de s’être fait avoir.» – Kasia Rajca

«Quand il y a du verglas ou que ce n’est pas piétiné, on ne peut pas passer» – Manon, résidente

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