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La part de tarte

Mes hommages. Cette semaine, une formidable tornade a décoiffé le toupet de milliers de cinéphiles. Des cinéphiles assoiffés de contenu. De matière et de cette brillante trame qui mène au génie. Et ces cinéphiles, assis sur le bout de leur fauteuil, petite main levée prête à poser leurs questions à voix haute à leur écran, comme le faisait tante Frita en regardant À plein temps, se sont vus servir un véritable soufflet au visage: le grand malaise Nitro Rush.

Et je ne parle pas de la coiffure triangulaire de Guillaume Lemay-Thivierge dans la méga production québécoise. Il est plutôt ici question du tapis rouge. Vous savez, ce grand moment de velours et de tempes scintillantes où nos vedettes locales et leur proche parenté défilent sur un bout de tissu vermillon pour nous confier des secrets. DES SECRETS QUI NOUS FASCINENT. Eh bien, à défaut d’avoir levé le voile sur la puissance d’un scénario et ses promesses de pérennité, le tapis rouge nous a plutôt livré… Isabelle Juneau. En pâture. Le nom ne vous dit rien? Allons. Vous avez certes visionné, non pas sans vous taper le cuissot, la désormais virale entrevue d’Isabelle avec Émilie Bégin et Charlie Lemay-Thivierge, conjointe et fille de Guillaume.

«Ça a pas de bonne Sainte-Anne d’allure; j’ai jamais vécu un malaise de même! C’est qui, elle? J’espère que c’est une joke. Oh maille gode, j’espère que c’est un personnaaaaaage!». Isabelle Juneau a beau œuvrer dans l’ombre du showbiz depuis apparemment plusieurs années, son entrevue décousue et stuffée de malaises phares, où l’on n’attendait que la canne qui allait venir sauver l’animatrice en la tirant hors cadre par le cou, a sans conteste propulsé la quarantenaire sous les projecteurs. Ancienne «Miss Montréal», un détail dont se délecte quiconque part à la pêche sur une de ses nombreuses pages Facebook, Isabelle Juneau tente de se tailler une petite part de tarte dans le buffet des apparats, comme moult aspirants reporters aveuglés par le vedettariat et la possibilité de soutirer des confidences sur l’érythème fessier du petit dernier d’un tel. Sa part, elle ne l’a, hélas, pas eue. Mais la tarte, si.

«Une entrevue extrêmement pénible pour Émilie Bégin» pouvait-on, entre autres, lire à la suite du grésillant scandale journalistique à cinq roupies. «Extrêmement pénible». Pauvre chatte. Oui. Isabelle Juneau aurait pu avoir la décence de cuisiner Émilie sur sa grossesse. Sur le blond de sa boîte de Clairol et le charisme des choux frisés qui poussent dans sa cour.

L’intervieweuse s’est plutôt, bien malgré elle, donnée en spectacle des plus confus, le regard à la fois hagard et inondé d’un grand bonheur. Parce qu’Isabelle Juneau ne faisait, cet après-midi-là, qu’incarner le produit de nos instincts curieux-senteux-péteux. Accroupie sur la lunette du bon peuple, elle n’a fait que transiter ce que d’autres auraient formulé en des phrases plus télégéniques. Voilà tout. La seule erreur irréparable dont je puis la blâmer, c’est de n’avoir pas soulevé LA question qui nous brûle les muqueuses: la tresse française funky-complexe du fils de Guillaume, là, dans le film, y’a-tu vraiment quelqu’un qui y a cru?

La bise.

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