Les partis précisent leurs stratégies
Après seulement deux jours de campagne électorale, les stratégies des partis prennent déjà forme.
Les partis d’opposition– le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) et même Québec solidaire (QS)– tentent de miser sur la volonté de changement chez les Québécois. La campagne risque donc de s’articuler autour du fait que les libéraux ont fait leur temps.
Le PLQ martèle de son côté que les Québécois doivent choisir entre deux visions du Québec. La loi et l’ordre, contre le chaos avec PQ. Il brandit le spectre d’un référendum, sachant bien que Mme Marois ne souhaite pas s’épiloguer sur la question. La journée d’hier a aussi réservé une place à l’économie et l’emploi, terrain où le parti est l’aise.
Jean-Martin Aussant aura de la difficulté à prendre sa place, entre le parti souverainiste historique qu’est le PQ et la gauche souverainiste de QS. «Il cherchera sans doute plus à amener la question nationale dans la campagne plutôt que d’aller chercher des voix», soutient Bernard Motulsky, professeur au département de Communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal.
La question est de savoir qui réussira à imposer ses thèmes, et la rentrée étudiante sera à cet égard cruciale. «On peut supposer qu’il y aura des manifestations et que les partis devront prendre position, dit-il. Et pour Mme Marois, ce ne sera pas facile. La position des libéraux est claire et celle de la CAQ aussi, mais le PQ devra naviguer.» Si le PQ abandonne trop les mouvements contestataires, QS gagnera du terrain. Le PQ a donc peu de marge de manœuvre, ajoute le professeur.
Tous contre Charest
Si tous les partis d’opposition s’entendent pour dire qu’un changement de gouvernement est nécessaire, M. Motulsky met en garde contre cette stratégie.
«À la dernière campagne fédérale, on a eu trois partis qui ont passé beaucoup de temps à taper sur les conservateurs. Et ça n’a pas empêché les conservateurs de devenir majoritaires», soutient-il.
«Le risque, s’ils se mettent à plusieurs pour taper sur le joueur de tête, c’est que celui-ci devienne le joueur de tête», dit M.Motulsky. Est-ce que ce sera le cas pour Charest? Si c’est le cas, ils lui permettront d’obtenir beaucoup d’espace dans les médias, ce qui est précieux en campagne. «De plus, les gens s’attendent à beaucoup plus que de la critique des libéraux au cours des prochaines semaines, ajoute-il.