Actualités
14:08 3 juillet 2018 | mise à jour le: 3 juillet 2018 à 20:06 temps de lecture: 4 minutes

Six morts attribuables à la chaleur à Montréal

Six morts attribuables à la chaleur à Montréal
Photo: Archives Métro

À ce jour, six morts attribuables à la chaleur accablante ont été signalées à Montréal, a indiqué mardi la Direction de la santé publique de Montréal.

La métropole n’est pas en situation de surmortalité, a toutefois précisé la directrice régionale de la santé publique, Mylène Drouin. Elle a précisé que les transports ambulanciers sont en hausse depuis dimanche.

La Ville de Montréal a d’ailleurs décidé de lancer, mardi, la dernière étape de son Plan d’intervention en cas de chaleur extrême. Elle compte multiplier les visites à domicile et ouvrir des haltes pour les personnes vulnérables.

La canicule qui accable la métropole depuis quelques jours et qui doit se prolonger jusqu’à la fin de la semaine n’a pas laissé le choix aux intervenants, selon Mme Drouin.

«Lorsqu’on passe en phase intervention, c’est qu’on a plus de trois journées consécutives avec une température moyenne de plus de 33°C le jour, et qui ne descend pas en bas de 22 degrés la nuit», a-t-elle expliqué en conférence de presse.

«Normalement nous en serions à la deuxième journée, a-t-elle ajouté. Par contre, nous avons décidé de devancer la phase d’intervention parce qu’on a quelques indicateurs [supplémentaires], principalement le nombre d’appels à Urgences-santé et le nombre de transferts à l’urgence.»

Mobilisation augmentée
Concrètement, la phase intervention vise à augmenter les visites à domicile des personnes vulnérables, dont les personnes âgées et les jeunes enfants, et à leur offrir des îlots climatisés.

«1300 visites à domicile ont été faites jusqu’à maintenant, a lancé la mairesse Valérie Plante. Aujourd’hui, nous augmentons le rythme. Nous allons passer à près de 5000 inspections [par jour].»

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal ouvrira également des «haltes climatisées» dans 19 établissements du réseau de la santé. Seules les personnes identifiées comme vulnérables auront accès à ces oasis, et en moyenne 20 places devraient être offertes.

«Nous voulons nous assurer que les personnes plus vulnérables soient en sécurité, dans un endroit qui convient à leur situation», a observé la mairesse Plante. Elle invite toujours les Montréalais à boire beaucoup d’eau, à rejoindre des lieux climatisés et à utiliser les points d’eau de la ville.

Cri d’alarme dans les CHSLD
Plusieurs médias ont fait état au cours des derniers jours du manque de climatisation dans des établissement de santé de Montréal. Daniel Pilote, résident du CHSLD Champagnat à Saint-Jean-sur-Richelieu depuis 2014, a tenu à contacter Métro pour parler de la situation qui affecte plusieurs CHSLD de la province.

«C’est tout croche, s’est-il insurgé. L’été, c’est l’enfer. Ils disent de partir en vacances, mais nous autres, nous ne pouvons pas partir en vacances. Nous sommes pris ici.» M. Pilote pense surtout aux autres patients, plus affectés par la chaleur que lui, et souhaite que les mesures d’aération soient grandement bonifiées.

Interrogée à ce sujet lors de la conférence de presse de mardi matin, la directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Sonia Bélanger, a avoué que des modifications devaient être apportées.

«Effectivement, plusieurs installations publiques sont désuètes et doivent être corrigées. Mais ce n’est pas une opération si simple que ça d’installer des airs climatisés dans des bâtiments dont certains ont été construits il y a 50 ans.»

Les CHSLD québécois doivent tous offrir un local climatisé en période de chaleur intense, selon la responsable des relations de presse au ministère de la Santé et des Services sociaux, Noémie Vanheuverzwijn. Si les nouvelles constructions doivent être climatisées, les CHSLD plus anciens devront souvent attendre des travaux de rénovation majeurs pour l’installation d’une ventilation mécanique permanente.

Articles similaires