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16:17 22 novembre 2018 | mise à jour le: 22 novembre 2018 à 16:36

Aide aux médias: «une bouffée d’air frais», dit la FPJQ

Aide aux médias: «une bouffée d’air frais», dit la FPJQ
Photo: Archives Métro

Le plan d’aide pour les médias annoncé par Ottawa cette semaine – qui inclut notamment un nouveau crédit d’impôt pour aider les entreprises à payer leurs journalistes – est «une véritable bouffée d’air frais dans une industrie en train de suffoquer», a estimé jeudi la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

«Il s’agit d’un sérieux coup de main qui, selon nous, devrait aider les salles de rédaction à passer au travers de cette crise qui menaçait à moyen terme la survie du journalisme, pilier de la démocratie», a expliqué jeudi le président de l’organisation médiatique, Stéphane Giroux, dans une déclaration écrite.

Au-delà du financement accordé, les nouvelles mesures de soutien encouragent aussi les abonnements à des médias d’information numériques. La valeur totale de la subvention fédérale atteint quelque 600M$, une somme étalée sur une période de cinq ans.

«Le gouvernement a choisi la bonne voie, puisque les crédits d’impôt sont une forme d’aide équitable pour tous et permettent de mieux préserver l’indépendance des médias.» -La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

Mais la FPJQ dit se méfier. Les modalités derrière ledit programme devant encore être précisées et spécifiquement déterminées. L’organisation dit vouloir «être consultée» dans le processus, surtout sur la question du statut de journalisme professionnel, une notion «cruciale» à ses yeux.

Ottawa avait annoncé plus tôt avoir l’intention de créer un groupe indépendant de journalistes pour définir ce statut et ainsi choisir les critères d’admissibilité au nouveau crédit d’impôt.

«Il était temps qu’Ottawa réagisse devant la crise que traversent les médias partout au pays, alors que pas une semaine ne passe sans que des journaux ne ferment leurs portes […] Il faut s’attaquer à la racine du problème et exiger des géants du web, diffuseurs de contenu journalistique, qu’ils versent des redevances à ceux qui produisent ce contenu», a martelé la Fédération dans un communiqué.

Moins de financement
À l’instar de plusieurs autres acteurs dans le milieu médiatique, la FPJQ somme le gouvernement Trudeau de «réduire ses propres investissements publicitaires» sur des plateformes numériques comme Google et Facebook. «[Elles] ne paient aucun impôt au Canada et sont responsables de la détresse économique des journaux, dont les revenus publicitaires ont migré vers ces plateformes», a souligné l’organisation.

Mercredi, le ministère des Finances du Canada avait estimé que «les Canadiens ont le droit de pouvoir consulter un vaste éventail de sources d’information indépendantes et de confiance». «Le gouvernement a la responsabilité de s’assurer qu’ils ont accès à de telles sources d’information», avait-il ajouté.

Jeudi, les conservateurs se sont indignés face à cet investissement, qu’ils estiment être une tentative d’acheter les médias. «Ici donc meurt le journalisme», «Trudeau vient de nationaliser le nouveau journalisme», «Grâce à Justin Trudeau, le parti des médias est maintenant le parti politique le mieux financé au pays»: une vague de tweets a circulé sur la toile au lendemain de l’annonce de la subvention.

«Tout journaliste qui prend cet argent ne sera dès lors plus indépendant. Ici donc meurt le journalisme», a notamment écrit l’élue albertaine Michelle Rempel.

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