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12:41 23 novembre 2018 | mise à jour le: 23 novembre 2018 à 12:53 temps de lecture: 4 minutes

Québec doit augmenter la taxe sur le tabac, plaide une coalition d’élus municipaux

Québec doit augmenter la taxe sur le tabac, plaide une coalition d’élus municipaux
Photo: Sean Kilpatrick / La Presse CanadienneSean Kilpatrick / La Presse Canadienne

Le Québec doit prendre des «mesures décisives» pour réduire le taux de tabagisme, a demandé vendredi une coalition de plusieurs organismes, élus municipaux et groupes communautaires à Montréal. La mesure phare réclamée est la hausse de la taxe sur le tabac.

Pour le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, l’instigateur du projet, «il existe une corrélation entre le prix du tabac et le niveau de consommation». «Il est d’une importance vitale que Québec augmente dès maintenant la taxe», a-t-il dit.

Le nouveau gouvernement caquiste devrait aussi augmenter l’âge légal minimal pour fumer du tabac à 21 ans, disent les membres de la coalition. Le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle, et le maire de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios (Jim) Beis, invitent François Legault à aller plus loin que sa promesse électorale, qui consistait à hausser l’âge de consommation du cannabis à 21 ans.

Selon la coalition, des études démontrent que plus l’âge légal pour acheter du tabac est bas, plus les adolescents sont susceptibles de devenir fumeurs.

Le groupe souhaite aussi que l’on interdise la fumée dans les parcs «de tout le Québec», ce qui est déjà le cas, dit-il, à New York, Los Angeles, Washington, Boston et Vancouver. Une demande officielle en ce sens a été envoyée à la nouvelle ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, le 7 novembre dernier.

Des organismes à l’appui
Plusieurs organisations de santé publique soutiennent la cause antitabac. Dans une lettre envoyée à l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce au début novembre, le directeur des relations gouvernementales de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, Kevin Bilodeau, a estimé que le projet contribuera certainement «à l’amélioration de la santé des Montréalaises et des Montréalais».

«Les mesures contribuent à la lutte contre ce fléau […] et à mieux encadrer l’utilisation du cannabis en lieu public», a-t-il indiqué.

L’analyste politique de la Société canadienne du cancer, Rob Cunningham, abonde dans le même sens. Il a écrit, dans une lettre, «qu’il y aurait plusieurs bénéfices à l’implantation d’une telle mesure». Outre les impacts sur la santé, cela réduirait considérablement «les déchets, et donc, les coûts municipaux de nettoyage des mégots de cigarette», a-t-il déclaré.

L’opposition à la Ville de Longueuil, menée par le conseiller Xavier Léger, soutient aussi l’offensive. L’élu a souligné dans un communiqué paru vendredi qu’il existe un consensus «pour que les parcs, en particulier, deviennent des zones sans fumée». Les mégots représentent une source de pollution «majeure» en grande quantité, selon lui. «Un déchet même plus abondant que le plastique», a-t-il indiqué.

Le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, persiste en affirmant que «personne ne devrait avoir à respirer involontaire la fumée produite par quelqu’un d’autre». «Toute quantité de fumée secondaire est néfaste», a-t-il martelé.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM), représentée par la commissaire dans Cartierville–Ahuntsic-Ouest, Chantal Jorg, se range aussi derrière la coalition.

Comme le texte des règlements sur le tabac diffère un peu d’une municipalité à l’autre, le maire de Montréal-Ouest, Beny Masalla, plaide pour l’adoption d’un règlement panquébécois, «qui permettrait de clarifier les règles pour toute la population», a-t-il envisagé.

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