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Outiller les parents en prévention du suicide chez les jeunes

Outiller les parents en prévention du suicide chez les jeunes
Photo by: (Photo: Flambeau de l'Est – Delphine Bergeron)

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) a mis sur pied une conférence sur la prévention du suicide chez les adolescents. Leur volonté est d’aller offrir le service dans les entreprises de l’est, pour outiller les parents au dépistage de symptômes de santé mentale chez leur jeune.

La conférence souhaite permettre aux parents de distinguer l’adolescence et la naissance d’un problème de santé mentale. L’adolescence peut être une période de bouleversements autant pour les jeunes que leurs parents, et il peut être difficile de bien cerner des symptômes de trouble mental à travers des comportements normaux d’adolescents.

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans, la première étant les accidents de voiture.

La chef de secteur en pédopsychiatrie et en dépistage des jeunes en prévention du suicide au CIUSSS-EMTL, Julie Néron, a monté avec son équipe la conférence qui sera livrée par la travailleuse sociale, spécialiste en activités cliniques, Caroline Bolduc. Trois dates sont à l’horaire dans des CLSC de l’est de l’île, mais les intervenants voulaient rejoindre les parents et les proches des adolescents du secteur à même leur milieu de travail.

«C’est souvent les gens qui travaillent qui n’ont pas le temps de venir ou bien qui n’ont pas les outils, qui ne savent pas vers où se tourner pour aller chercher de l’aide, alors c’est là qu’on a décidé d’aller en entreprise.»

— Julie Néron, chef de secteur en pédopsychiatrie

Loin de vouloir transformer les parents en intervenants, la conférence gratuite de 45 minutes a comme objectif de mieux outiller l’entourage des jeunes. «On trouvait que les jeunes arrivaient vraiment détériorés dans nos services», explique Julie Néron. Ils sont en pourparlers avec deux entreprises, mais cherchent à atteindre le plus d’adultes possibles dans cette formule courte, simple et flexible, qui peut par exemple se donner sur l’heure du dîner.

Alors que 50% des troubles mentaux débutent avant l’âge de 14 ans et 75% avant 24 ans, la détection et l’intervention rapide aident à réduire les répercussions qu’un épisode de trouble de santé mentale peut avoir dans la vie d’un individu.

Savoir comment aider
La pédopsychiatre souligne que les grands changements de l’adolescence peuvent se confondre avec des symptômes de santé mentale, selon les événements dans la vie du jeune. Le cerveau est en pleine mutation, s’accompagne de changements physiques et hormonaux, de variation de l’humeur et d’impulsivité. «L’intensité que l’adolescent va avoir est tout à fait normale», explique Mme Néron.

La conférence aide ainsi à faire la distinction entre réactions normales pour un adolescent et à quel moment aller chercher de l’aide. Elle cherche aussi à démystifier la santé mentale et Julie Néron insiste que «ce n’est pas parce qu’ils ont des symptômes qu’ils ont un problème.»

Une des clés réside dans l’importance de la communication avec le jeune et de s’intéresser à leurs activités. «Ils ne communiquent pas toujours comme nous on voudrait qu’ils communiquent», rappelle Julie Néron. Avoir une attitude ouverte et être disponible, sans jugement, peut aider à garder un lien à cet âge d’émancipation parentale.

 

Jeudi 28 février de 19h à 20h au CLSC Rosemont, 2909 Rue Rachel Est, Montréal

Lundi 25 mars de 19h à 20h au CLSC de Hochelaga-Maisonneuve, 4201 Rue Ontario Est, Montréal

Jeudi 25 avril de 19h à 20h au CLSC Mercier-Est, 9503 Rue Sherbrooke Est, Montréal

 

Pour plus d’infos

514 252-3400, poste 4768

Julie.Neron.lteas@ssss.gouv.qc.ca

 

Commentaires 1

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  • martine brault

    Bravo Dr Néron, peut être que si j’aurais pu assister a ce genre de conférence, que j’aurais pu comprendre que mon fils n’allait pas bien, je n’étais pas outillé du tout, il s’est enlevé la vie a 20 ans. Patrick c’était confié a 2 copines, il leur avait dit qu’il était triste, ne se sentait pas aimé et qu’il allait se suicider. Celles-ci n’ont pas sû comment réagir, elles n’en ont pas parlé. Or dans un prochain volet, ce serait bien d’outiller les jeunes de la même façon, les jeunes se confient plus a d’autres jeunes qu’a leurs parents. Patrick avait dit a ces copines aussitôt que 2014 qu’il allait se suicider, puis l’a fait en 2017. Merci pour vos démarches. Il serait bien que votre conférence se répète ailleurs au Québec, on en a grandement besoin.