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Hausse du nombre de Montréalais qui déménagent en banlieue

Hausse du nombre de Montréalais qui déménagent en banlieue
Photo: Josie DesmaraisArchives Métro

Les Montréalais sont de plus en plus nombreux à déménager en banlieue, selon un rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publié mercredi. L’administration municipale se défend d’avoir pu contribuer à cette situation.

Sur une période d’un an, de 2017 à 2018, la différence entre le nombre de personnes qui sont venues s’établir dans la métropole et celles qui sont parties représente une perte nette de 24 000 personnes.

«Ce déficit est le plus important pour Montréal depuis 2009-2010, un résultat attribuable à une hausse des départs vers les régions qui lui sont adjacentes», indique la rapport. 

Des régions en banlieue de Montréal, comme les Laurentides, la Montérégie et Lanaudière, ont ainsi attiré en douze mois des milliers de citoyens qui sont venus s’y établir «au détriment de Montréal». Les gains sont toutefois moindres à Laval alors que le solde positif de nouveaux résidents ne s’élève qu’à 250 personnes. 

«On constate que depuis l’arrivée de Projet Montréal, cette croissance [du nombre de départs vers la banlieue] a augmenté. Est-ce que certaines de leurs politiques ont incité des familles à quitter Montréal? La question se pose», a soulevé mercredi le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, lors d’une mêlée de presse à l’hôtel de ville. 

Le bilan de l’ISQ note néanmoins que ces départs vers la banlieue ont pu être compensés par l’arrivée chaque année de nombreux immigrants dans la métropole ainsi que l’accroissement naturel de la population.

Accès à un logement
Le président du comité exécutif, Benoit Dorais, nie la possibilité que son administration, qui a haussé les avis d’imposition aux citoyens au-dessus du niveau de l’inflation dans son premier budget, ait pu contribuer à une hausse des départs vers la banlieue.

«Je pense que lorsqu’on fait le choix de déménager, c’est une décision mûrement réfléchie. Ce sont différentes choses qui font en sorte de faire ce choix-là et la décision de notre administration, ça a été de mettre des mesures très importantes [pour retenir les familles à Montréal]», a fait valoir M. Dorais mercredi en marge d’une conférence de presse à l’hôtel de ville. 

Le président du comité exécutif a notamment noté les investissements de plus de 21M$ inscrits au dernier budget de la Ville concernant le programme de subvention à l’acquisition d’une propriété résidentielle à Montréal. Celui-ci permet aux familles désirant s’installer dans la métropole de recevoir jusqu’à 15 000$ pour faciliter leur achat d’une propriété neuve et jusqu’à 7 000$ s’il s’agit d’une propriété existante.

«On a mis ce programme-là en place et il est extrêmement populaire, comme on le pensait», a ajouté M. Dorais.

«Il n’y a aucune municipalité qui gagne à voir certains de ses citoyens quitter son territoire. Ça c’est sûr et certain. C’est pour ça qu’on a trois priorités très importantes pour lancer un message fort aux familles qu’elles peuvent rester à Montréal, qu’elles sont entre de bonnes mains.» -Le président du comité exécutif, Benoit Dorais.

L’élu de Projet Montréal a par ailleurs rappelé la promesse de son parti d’aménager 12 000 logements sociaux et abordables d’ici 2021.

«Il y a des gens qui n’ont pas le choix de quitter [Montréal] pour aller dans un endroit qui est plus abordable et on s’est attaqués à cet enjeu-là», a soutenu M. Dorais, qui a également noté que quelque 57M$ seront investis dans la réfection et le verdissement de parcs locaux d’ici 2021, comme le prévoit le programme triennal d’immobilisations de la Ville. 

Le président du comité exécutif a finalement souligné les efforts réalisés par son administration pour refaire les rues de la métropole, ce qui permettra d’offrir «un environnement plus sécuritaire» aux familles venant s’établir à Montréal.

Mercredi, un règlement d’emprunt de plus de 312M$ concernant le financement de travaux de réfection des rues de la métropole a d’ailleurs été approuvé en séance du comité exécutif. Il s’agit d’un montant inscrit dans le dernier programme triennal d’immobilisations de la Ville.

Services essentiels
Le chef d’Ensemble Montréal estime toutefois que la Ville devrait revoir la manière dont elle gère les services de base qu’elle offre à ses citoyens.

«Il faut continuer à travailler sur les éléments essentiels pour la population et je pense notamment aux services de base parce qu’à entendre les citoyens dans les derniers mois, ce qui fait défaut à Montréal, c’est le manque de déneigement, le manque de services aux citoyens et pour nous [le départ de citoyens vers la banlieue] reflète ces enjeux-là», a affirmé Lionel Perez.

Commentaires 1

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  • Robert Ladouceur

    J’habite le centre-ville depuis 20 ans, et j’y pense (à la banlieue)
    Montréal est sale, rempli de sans-abri, drogués, le bruit est insupportable, accès de vitesse dans les rues, sans présence policière.
    Les vendeurs de drogues font fortunes, sans arrestations. C’est a ce demander, si tout les drogues sont permises maintenant.