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17:20 6 mars 2019 | mise à jour le: 6 mars 2019 à 17:20 temps de lecture: 4 minutes

Pont de l’Île-aux-Tourtes: le passage du REM n’est pas écarté

Pont de l’Île-aux-Tourtes: le passage du REM n’est pas écarté
Photo: Archives Métro

Québec n’écarte pas la possibilité que le nouveau pont qui reliera l’île de Montréal à Vaudreuil-Soulanges, en Montérégie, puisse un jour accueillir les rails du Réseau express métropolitain (REM).

«Le pont sera construit avec la possibilité d’accueillir un mode de transport lourd. Le REM fait partie des options. La question, c’est de savoir si ce sera ce type de technologie ou une autre», a déclaré la ministre déléguée aux Transports et à la région métropolitaine, Chantal Rouleau, pendant la période de questions qui a suivi une conférence de presse tenue mercredi au centre-ville de Montréal.

«Le pont sera d’abord réalisé pour les bus et si les besoins sont là, le pont sera adapté pour accueillir une nouvelle technologie», a renchéri la ministre, qui a rappelé que la durée de vie d’un pont de ce type est de 75 ans.

Projet majeur
Au cours des prochaines années, un nouveau pont sera construit au nord de celui de l’Île-aux-Tourtes, qui accueille quotidiennement quelque 86 000 véhicules et camions qui empruntent l’autoroute 40 pour circuler entre l’île de Montréal et la région de Vaudreuil-Soulanges. Cette structure, mise en service en 1965, a atteint sa fin de vie utile.

Selon le scénario actuel, le nouveau pont, en plus de maintenir trois voies dans chaque direction pour la circulation automobile, possèdera également une piste polyvalente dédiée aux piétons et aux cyclistes. Les voies d’accotement du pont seront par ailleurs suffisamment larges pour accueillir des autobus, ce qui permettra aux usagers du transport en commun du secteur «de rejoindre plus rapidement la station Sainte-Anne-de-Bellevue du Réseau express métropolitain», a précisé la ministre.

«Selon les besoins qui seront identifiés, on pourra aussi mettre en place une [voie d’accotement pour autobus] sur l’autoroute 40 pour faciliter l’accès au pont», a par ailleurs ajouté Mme Rouleau.

La décision de conserver le pont actuel pendant la construction de la nouvelle structure a par ailleurs été prise dans l’optique «de réduire les impacts des travaux sur la circulation automobile», a affirmé Mme Rouleau. La ministre a toutefois reconnu que les travaux d’entretien qui seront nécessaires afin de maintenir en fonction le pont actuel pendant la construction de la nouvelle structure entraîneront certaines entraves sur la circulation routière.

Actuellement, l’échéancier et les coûts de ce projet demeurent inconnus, car des consultations publiques et des études devront d’abord être réalisées au cours des prochains mois. La ministre Rouleau a toutefois précisé que la construction de ce pont s’inscrit dans les projets majeurs d’au moins 100M$ du ministère des Transports du Québec.

Une première consultation publique aura lieu le 18 mars à Vaudreuil-Dorion.

Manque de transport en commun
Dans son plan de décongestion, la Coalition avenir Québec prévoit entre autres de prolonger le REM sur la Rive-Sud sur une distance de 22 kilomètres jusqu’à Chambly, de même que sur une distance de 17 kilomètres au nord de Laval. La possibilité de prolonger l’antenne ouest du train léger pour relier Sainte-Anne-de-Bellevue à Vaudreuil-Soulanges n’y est toutefois pas inscrite.

«On a une population qui est en croissance. Donc, on a besoin de quelque chose pour faciliter nos déplacements. Sinon, on va continuer à polluer [en optant pour la voiture]», a réagi Louise Craig, une résidente de la municipalité de Hudson, en Montérégie. Cette dernière est l’auteure de la page Facebook «Le REM dans/in Vaudreuil-Soulanges», qui réclame le prolongement du tracé du train léger électrique vers Vaudreuil-Soulanges par le biais du pont de l’Île-aux-Tourtes.

Conseiller municipal dans Hudson, Jim Duff a pour sa part salué l’ouverture de la ministre à l’arrivée d’un mode de transport lourd sur le pont de l’Île-aux-Tourtes. Selon l’élu, le passage du REM sur celui-ci permettrait d’«attirer du monde» vers le transport en commun dans un secteur où l’automobile est roi à l’heure actuelle.

«Le transport en commun est cher et peu achalandé parce qu’il n’est pas efficace», a-t-il déploré.

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