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Inondations à Montréal: «la pointe» attendue jeudi ou vendredi

Inondations à Montréal: «la pointe» attendue jeudi ou vendredi
Photo: Zacharie Goudreault/ MétroLa mairesse de Montréal, Valérie Plante, a tenu un point de presse le 23 avril devant le quartier général du Service de sécurité incendie de Montréal afin de faire le point sur les impacts de la crue printanière sur la métropole.

Les Montréalais qui demeurent dans des zones inondables ne doivent pas baisser la garde alors que «la pointe» de la crue printanière devrait être atteinte d’ici vendredi.

«Si les prévisions se maintiennent, on devrait atteindre la pointe aux alentours de jeudi ou vendredi», a indiqué mardi le directeur du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), Bruno Lachance, lors d’un point de presse tenu aux côtés de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Actuellement, le débit des cours d’eau qui longent l’île de Montréal, notamment la rivière des Prairies, est d’environ 8000 m3 par seconde, soit un niveau semblable à celui atteint pendant la crue printanière de mai 2017. Bien que la situation demeure stable sur l’île de Montréal, les épisodes de pluie prévus mardi soir et mercredi de même que vendredi pourraient changer la donne.

«On s’attend encore à des pluies dans le bassin des Outaouais. Ça aura un impact direct sur le niveau des eaux dans la région de Montréal et ailleurs. Donc, nos équipes sont prêtes. On travaille à renforcer et à rehausser les digues. On ne relâche pas la surveillance», a ajouté M. Lachance.

Dans des secteurs comme Pierrefonds-Roxboro, Ahuntsic-Cartierville ainsi que L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, de nombreux pompiers, une trentaine de militaires et des bénévoles sont à pied d’oeuvre depuis plusieurs jours pour monter des digues et déposer des sacs de sable autour de résidences à risque. 

«Les gens sont bien préparés. Ils sont très résilients», a noté Valérie Plante, qui estime que «tout le monde a appris depuis 2017».

Bien que de nombreuses opérations de porte-à-porte dans les secteurs riverains aient eu lieu dans les dernières semaines pour inciter les résidents à bien protéger leur demeure et que des digues aient été élevées «au plus haut niveau», ces efforts pourraient s’avérer insuffisants pour affronter «Mère Nature», a toutefois reconnu le directeur du SIM. 

«On ne pourra jamais limiter à zéro les impacts d’une telle crue des eaux. On essaie de monter des digues partout […] Maintenant, on ne peut pas affirmer qu’il n’y aura pas d’impact si le niveau d’eau est haussé encore d’un pied.» -Bruno Lachance

Pas d’évacuation
Depuis lundi, une douzaine de résidences situées sur l’île Mercier ont été inondées. Cette île est désormais isolée alors que le seul pont la reliant à l’île Bizard a été fermé à la circulation automobile.

«Ça vient isoler complètement les gens qui sont sur l’île Mercier. Il y a des gens qui ont décidé de rester sur place. Donc, ils doivent considérer que les services d’urgence vont être restreints parce que maintenant on ne peut pas y aller avec une ambulance ou un camion de pompier», a expliqué à Métro le chef aux opérations du SIM, Martin Guilbault.

Ce dernier a toutefois précisé qu’un «bateau de pompier» ainsi qu’une patrouille nautique du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été déployés pour assurer la sécurité des résidents de ce secteur. 

«Les gens sont bien préparés. Ça fait des jours qu’ils préparent leur maison. Il y a une vigie 24 heures sur 24 avec le SPVM et le SIM, tant avec les appels des premiers répondants qu’avec la surveillance policière pour les méfaits», a pour sa part assuré Bruno Lachance, qui n’entend pas décréter d’ordre d’évacuation dans ce secteur. 

À l’échelle de la province, plus de 1940 résidences sont inondées, dont 25 à Montréal, et près de 1400 personnes sont toujours évacuées, selon un bilan d’Urgence Québec mis à jour à mardi soir. 

Permis de construction
Alors que le Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) compte adopter d’ici décembre 2020 un nouveau règlement métropolitain sur les zones inondables, Valérie Plante a affirmé que la Ville entend empêcher la construction d’habitations dans des secteurs à risque.

«Je ne crois pas que ce serait responsable d’émettre des permis de construction dans des zones qui sont inondables ou qui vont l’être», a déclaré Mme Plante.

Cette dernière a par ailleurs livré un accueil mitigé à l’intention du premier ministre du Québec, François Legault, d’inciter les riverains demeurant dans des zones inondables à déménager. Le prochain programme d’indemnisation de Québec devrait permettre aux riverains affectés par les inondations de recevoir jusqu’à 100 000$ sur plusieurs années pour réparer leur maison, après quoi un montant pouvant aller jusqu’à 200 000$ leur sera proposé afin qu’ils puissent déménager.

«C’est un sujet qu’on doit prendre avec douceur parce que ce sont des milieux de vie, des quartiers au complet dans certains cas […] Ici, dans la grande région métropolitaine, il y a beaucoup de rives», a soulevé Mme Plante, qui estime que des mesures de résilience, comme l’aménagement de bassins de rétention, pourraient être privilégiées dans certains secteurs. 

La mairesse de Montréal a par ailleurs noté que le montant qui sera offert à titre d’incitatif au déménagement devrait être majoré en tenant compte de la «réalité immobilière», qui varie d’une région à l’autre de la province.

«Le coût même des terrains et de l’habitation en Beauce est très différent de celui à Montréal», a-t-elle illustré. 

Commentaires 1

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  • Dr. Jebouille

    On nous avait dit que le pic était pour Mercredi, cela continue à monter et maintenant on nous dit Vendredi. Même chose pour l’intensité; ce ne devait pas être pire que 2017, il semble qu’on y siut déjà… Alors, à quoi doit-on s’attendre???