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Le projet Royal Victoria passe une nouvelle étape. Voici ce qu’il faut savoir

L'ancien Hôpital Royal Victoria, à Montréal.
L'ancien Hôpital Royal Victoria, à Montréal. Photo: Josie Desmarais/Métro Média

Le projet de loi concrétisant le don du site de l’ancien hôpital Royal Victoria à la Société québécoise des infrastructures a été sanctionné vendredi. Éventuellement, une partie du terrain pourrait être offerte à l’Université McGill. Voici ce qu’il faut savoir du projet «Nouveau Vic», qui suscite à la fois engouement et controverse.

Les bâtiments, situés sur le flanc du mont Royal, de manière adjacente au centre-ville, sont vacants depuis 2015. Incluant 17 pavillons et 14 hectares de terrain. La parcelle du terrain qui pourrait être donnée à McGill constitue environ 15% de son entièreté. Pour assurer la décontamination du site et la réalisation d’un dossier d’opportunité, Québec a offert plus de 56 M$ à l’établissement scolaire. Le gouvernement a aussi promis un investissement maximal de 475 M$ pour concrétiser le projet.

Selon la description du projet déposée à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), les bâtiments transformés doivent accueillir des programmes de développement durable et de politiques publiques. Plus de 1100 étudiants en bénéficieront, de même que 1200 enseignants et chercheurs.

Toutes les structures dont la valeur patrimoniale est considérée comme plus importante seront conservées. On prévoit l’implantation d’espaces verts sur le site, de même que l’aménagement d’espaces ouverts au grand public.

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) n’a toujours pas remis son rapport quant à la tenue du projet.

Fouilles potentielles

Parallèlement à l’avancement du dossier de l’ancien hôpital Royal Victoria, l’Université McGill et la SQI pourraient autoriser des fouilles dans le secteur, afin de vérifier la présence de corps d’enfants ou de sépultures autochtones non marquées. Les deux institutions ont du moins démontré une certaine ouverture quant à cette possibilité, après avoir jugé «peu probable» que des restes humains se retrouvent sur le site du Nouveau Vic.

«Aucune réconciliation n’est possible tant qu’on ne connaît pas la vérité. Ainsi, nous nous tenons prêts à collaborer avec les représentants des gouvernements et des communautés autochtones pour que les recherches nécessaires soient réalisées», a écrit l’Université McGill lors de consultations à l’OCPM.

Pour l’association Mohawk Mothers, il est essentiel de procéder à des fouilles dans le secteur. «Je ne veux pas d’excuses, je veux que des actions soient prises et que le site soit analysé par notre juridiction», avait demandé la représentante Kwetiio Goodleaf devant l’OCPM.

Opposition farouche

Présenté par le Parti libéral du Québec (PLQ), le projet de loi a su gagner l’approbation de la CAQ. Québec solidaire et le Parti québécois s’y opposent toutefois farouchement, estimant qu’il s’agit d’un recul pour le statut de la langue française à Montréal.

Le député péquiste Pascal Bérubé se désole qu’un tel joyau pourrait se trouver, en partie, entre les mains d’une université anglophone, et la plus riche du Québec de surcroît. «L’université va constituer une nouvelle cité dans la cité. Plus on finance McGill, plus on va chercher des fonds pour eux, plus on marginalise les universités francophones à Montréal», dénonce M. Bérubé. Le terrain aurait dû être offert à l’Université de Montréal ou à l’Université du Québec à Montréal en priorité, considère-t-il.

«Le Québec français paie cruellement les frais, dans tous les sens du terme» du don de Royal Victoria à la SQI, estime également le Mouvement Québec français (MQF). «[Les institutions anglophones], McGill au premier chef, reçoivent déjà un financement public correspondant au triple du poids démographique de la communauté québécoise de langue anglaise, pendant que les minorités francophones hors Québec peinent à obtenir le minimum vital pour leurs propres institutions», note le président de l’organisme, Maxime Laporte.

Pour sa part, la Coalition du Royal Vic, qui regroupe quatre organismes du secteur, demande à ce que l’implantation de logements sociaux soit priorisée dans le secteur, et qu’aucun édifice ne soit démoli avant que son potentiel de reconversion soit analysé.

Impact économique

Au centre-ville, on semble toutefois se réjouir de voir qu’un site d’envergure sera à nouveau utilisé. Le projet présenté correspond à la philosophie des Montréalais en matière de réhabilitation des espaces verts, d’éducation, d’innovation et de services à la population, estime la société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville.

«Le projet s’inscrit parfaitement dans l’ADN de la métropole universitaire qu’est Montréal, a félicité le président Glenn Castanheira devant l’OCPM. On apprécie surtout aussi les mesures visant à renaturaliser le site. C’est pour nous très important, et la création d’espaces publics et l’aménagement d’accès pour la population, tant sur le site que vers la montagne.»

Pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), il s’agit d’«un projet excellent qui correspond en tous points à ce que ce site-là doit porter». Le président de la Chambre, Michel Leblanc, craint toutefois que la conversion des lieux prenne trop de temps à se concrétiser.

«On doit débuter sans tarder, tranche Michel Leblanc. Beaucoup de gens dans le milieu des affaires m’ont dit d’expérience que non seulement les sites qui se dégradent, ça coûte énormément plus cher, mais il y a le risque d’un accident, d’un incendie. [La perte] serait d’abord architecturale, mais ce serait un symbole d’un échec collectif énorme.»

La construction du «Nouveau Vic» pourrait démarrer dès 2022, pour finir cinq ans plus tard.


Une version antérieure de cet article affirmait, erronément, que le site de l’ancien hôpital avait été cédé par le gouvernement directement à l’Université McGill. En réalité, le site a été cédé à la SQI. Le projet Nouveau Vic, qui n’a pas encore été approuvé, prévoit que l’Université McGill reçoive éventuellement une partie du terrain de la part de la SQI.

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