Oyez, oyez, payez, payez…
Il y a de ces nouvelles qui font grincer des dents, même si on a pris la résolution, en ce début de nouvelle année, de se montrer plus philosophe face aux aléas de la vie courante. Prenez, par exemple, ce rappel récent de réalités économiques bien différentes.
En 2012, une famille typique, au Québec, va payer au moins 1 000 $ de plus qu’en 2011 en taxes et frais de toutes sortes. Au moment même où on est forcé de digérer des ponctions supplémentaires sur son portefeuille, on apprend que la rémunération globale des 100 dirigeants les mieux payés au sein des entreprises cotées en Bourse grimpe vers la stratosphère : leur revenu moyen, à 8,38 M$, est 189 fois plus élevé que celui d’un Canadien ordinaire, qui gagne 44 366 $. Disons qu’ils seront moins affectés par la hausse des cotisations à l’assurance-emploi, par exemple…
Pour revenir sur ce sujet en particulier, rappelons qu’Ottawa ira prélever environ 100 $ de plus sur la paie d’un salarié moyen en 2012.
Vient ensuite Québec, dont l’appétit est encore plus grand. La TVQ est passée de 8,5 à 9,5 % le 1er janvier. Si vos achats taxables s’élèvent annuellement à 20 000 $, par exemple, vous venez d’y laisser 200 $. La contribution santé, elle, double carrément, de 100 $ à 200 $. Sans compter le Fonds d’assurance parentale, un beau programme qui aide les nouveaux parents, mais qui accumule les déficits : pour y remédier, hop! une autre augmentation du taux de cotisation. Et pour éviter que la Régie des rentes ne connaisse elle aussi des difficultés, alors qu’un nombre croissant de gens prennent leur retraite, devinez quoi? Ici aussi, vous allez aider à renflouer la caisse en payant davantage par un relèvement du plafond des revenus admissibles et par des cotisations plus élevées.
Ouf! Et si vous êtes propriétaire d’une résidence, ce n’est pas fini, puisque les municipalités arrivent mal à boucler leur budget et s’apprêtent à vous demander un plus gros effort côté taxes foncières. Sans compter les tarifs du transport en commun qui vont augmenter, la taxe sur le carburant qui fera pareil et tout ce qu’on ne verra pas passer et qui va coûter plus cher.
Bref, bienvenue en 2012… Au moins, il y a apparence d’éclaircie pour l’économie mondiale, à commencer par celle des États-Unis, ce qui pourrait aider les finances publiques. Si ça arrive, pouvons-nous au moins demander aux différents gouvernements de prendre la résolution essentielle d’être moins gourmands dans les années à venir?
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.