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L'école, la clé pour réussir dans la vie

Le Québec est encore le triste royaume du décrochage scolaire. Indignation pour indignation, c’est là un sujet de choix pour monter aux barricades. Heureusement, la riposte est maintenant en marche.

Reste qu’il va nous falloir travailler sur bien des fronts. En public, tout le monde déplore la situation. Mais les jeunes, par exemple, sont largement sollicités par les employeurs et les heures de travail sont bien souvent trop longues. Résultat : parce qu’ils aiment la paie, ou simplement parce qu’ils sont fatigués, leurs études en souffrent et beaucoup finissent par abandonner.

Après bien des efforts, la persévérance scolaire est finalement en hausse au Québec. En 2003-2004, à peine 70 % des jeunes de 20 ans et moins avaient un premier diplôme en poche. L’an dernier, le chiffre était passé à 74 %. L’amélioration est significative et s’inscrit dans la lignée du Rapport Ménard, déposé en 2008, et qui implorait le Québec de travailler à freiner cette véritable hémorragie de cerveaux. On visait un taux de 80 % en 2020, ce qui est devenu l’objectif du gouvernement québécois. Mais la pente demeure raide.

On peut tout au moins discuter entre gens bien intentionnés… et actifs. C’est dans cet esprit que sont nées les Rencontres interrégionales sur la persévérance et la réussite scolaire, dont la deuxième édition se tient cette semaine à Québec. Près de 1 000 personnes de toutes les régions et de tous les milieux débattent des expériences et des stratégies. Et il ne s’agit pas ici d’un événement gouvernemental. C’est la société civile qui se retrouve ici à pied d’œuvre.

Des actions concrètes? On reprend notamment la position de la Fédération des Chambres de commerce du Québec qui suggère à ses membres de limiter à 16 le nombre d’heures travaillées par des étudiants de niveau secondaire. Et comme deux décrocheurs sur trois sont des garçons, plein de mesures leur sont destinées, en mettant par exemple l’accent sur le sport.

Il faut aussi penser à casser les moules traditionnels. C’est ce à quoi s’attelle le projet Ruelle de l’avenir, imaginé à l’origine par Gaz Métro dans le quartier montréalais où loge son siège social, Hochelaga-Maisonneuve, où le taux d’abandon scolaire atteint le chiffre astronomique de 78 %! En collaboration avec l’école Garneau, tout juste à côté du pont Jacques-Cartier, on change la vision des jeunes sur le monde en leur permettant de s’initier à l’agriculture, à la cuisine et à toutes sortes d’activités où ils doivent lire, compter, expliquer…

Un cerveau est trop précieux pour être gaspillé, disait-on dans une pub qui a fait époque. C’est là un des beaux défis à relever pour le Québec.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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