Montréal

Manifestation contre le projet de loi 96

Le collège Dawson
Le Collège Dawson. Photo: Josie Desmarais/Métro

Le projet de loi 96 «sur la langue officielle et commune du Québec, le français» continue de faire couler beaucoup d’encre. Une manifestation est prévue au centre-ville samedi matin afin de dénoncer la réforme de la Charte de la langue française par le gouvernement Legault.

Les manifestants marcheront du Collège Dawson jusqu’au bureau du premier ministre François Legault. La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, se joindra à cet événement aux côtés de son équipe.

Le PLQ a invité la population jeudi, via sa page Facebook, à se joindre à leur cheffe. «Pour l’occasion, nous vous invitons à porter le plus de vêtements de couleur rouge possible, afin de montrer à toute la communauté réunie que nous sommes présents pour eux et à l’écoute de leurs besoins. Ensemble, nous dirons haut et fort à François Legault que son projet de loi 96 va trop loin», indique le message du PLQ.

Ce projet de loi, qui a «pour objet d’affirmer que la seule langue officielle du Québec est le français» et «affirme également que le français est la langue commune de la nation québécoise», propose plusieurs modifications à la Charte de la langue française.

En matière d’enseignement, ce projet de loi prévoit notamment «diverses dispositions afin d’encadrer le développement des établissements d’enseignement collégial» et «apporte aussi des modifications aux dispositions relatives aux politiques des établissements d’enseignement collégial et universitaire relativement à l’emploi et à la qualité de la langue française».

Dans un amendement déposé fin avril, il est prévu que les cégeps anglophones pourront proposer aux «ayants droit» de suivre trois cours de français plutôt que trois cours en français, a finalement tranché le gouvernement Legault.

Le monde des affaires n’est pas épargné puisqu’il devra se plier à diverses mesures visant entre autres «à étendre la francisation aux entreprises comptant 25 employés et plus». Quant à la surveillance de l’évolution de la situation linguistique au Québec, elle sera réalisée par un commissaire à la langue française.

L’événement est organisé par l’organisme Quebec Community Groups Network (QCGN), en collaboration avec plusieurs partenaires, dont l’Association des comités de parents anglophones (EPCA), la Fédération québécoise des associations foyers-écoles (FAQS) et l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ).

Les dispositions du projet de loi 96 auront une incidence considérable sur les droits de tous les Québécois et infligeront des dommages incalculables à la communauté d’expression anglaise du Québec.

Quebec Community Groups Network

«L’événement a été positif. Nous sommes très heureux du nombre de participants, majoritairement des anglophones», indique Rita Legault, directrice des communications et des relations publiques de QCGN, jointe par téléphone.

«Ce projet comporte des clauses difficiles qui sont presque punitives envers les anglophones et les autres Québécois, sans pour autant protéger et promouvoir la langue française, souligne-t-elle.  […] Certains professeurs francophones, qui enseignent le français dans le réseau anglophone au sein des collèges, se sont d’ailleurs prononcés fermement contre ce projet de loi. Ils regrettent de ne pas avoir été consultés.»

Alors que le projet de loi 96 se dirige vers son adoption à l’Assemblée nationale, la grogne des anglophones est toujours aussi vive et rejoint celle des communautés autochtones.

Des représentants de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) ont dénoncé mardi ce projet de loi qui ne prévoit aucun statut particulier pour les langues autochtones. En point de presse, le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, a demandé que les communautés autochtones soient exemptées de ce projet de loi.

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