Soutenez

Et si on s’inspirait davantage de la nature, cette merveilleuse entreprise?

Imiter les rapaces pour créer des avions plus économes ou les éponges calcaires pour produire du béton allégé et compostable : la recherche de modes de vie plus « soutenables » nécessite de s’inspirer toujours plus de la nature, « la plus belle entreprise n’ayant jamais existé », plaide le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d’histoire naturelle.

Boeuf, l’un des meilleurs spécialistes français de la biodiversité, est à la tête du conseil scientifique du Ceebios, le premier site français de recherche et de développement économique consacré au biomimétisme attendu à partir de fin 2014 à Senlis (Oise).

« Le vivant a 3,85 milliards d’années et il a résolu énormément de questions liées à son existence et à sa survie. La nature est excellente parce qu’elle réagit toujours en optimisant, au coût énergétique le plus bas », souligne le chercheur. Un exemple? Ces microalgues marines, les diatomées, qui secrètent du verre à seulement 20 °C quand l’homme « ne sait le faire qu’à 1000 degrés! »

S’inspirer de la nature n’est pas nouveau : Léonard de Vinci le faisait déjà pour certaines de ses inventions, et le pionnier de l’aviation Clément Ader a aussi imité les chauves-souris.

Ce qui est nouveau, c’est peut-être l’intérêt de plus en plus marqué des entreprises. Certaines, explique le chercheur, continuent à s’intéresser aux formes pour réduire la consommation d’énergie.

Des avions, par exemple, ont aujourd’hui le bout des ailes recourbées : une modification née de l’observation du vol de rapaces dans les Pyrénées qui permet un gain de 20 % de consommation de kérosène.

Au Japon, des trains à grande vitesse Shinkansen ont été « non seulement inspirés de la forme du martin-pêcheur quand il pénètre dans l’eau, mais ont, en plus, un revêtement inspiré des ailes de hibou pour ne pas faire de bruit ».

« On peut par exemple aujourd’hui faire du béton inspiré du squelette des éponges calcaires, beaucoup plus léger, largement aussi résistant, mais surtout compostable », décrit-il.

Mais la nature offre aussi des solutions pour dépolluer des sols comme le font certaines bactéries ou améliorer les bâtiments, comme pour cet immeuble à Harare, au Zimbabwe, dont la ventilation est inspirée de celle des… termitières.

« Je pense qu’on va encore trouver plein de choses », affirme Gilles Boeuf, soulignant que beaucoup de chercheurs « font déjà du biomimétisme sans le savoir », faute de relations fortes entre laboratoires, ingénieurs et entreprises.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.