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Sortir les jeunes de la rue, un panier à la fois

Camp de jour de baskeballl avec la jeunesse élite. Photo: TC Media/Isabelle Bergeron

Les entraîneurs de l’Académie de basketball Trevor Williams ne font pas que former certains des plus grands joueurs canadiens. Grâce à eux, des adolescents apprennent la valeur de l’effort et l’importance d’obtenir de bons résultats scolaires lors de leur camp d’été. Et l’Académie accomplit cette mission sans même avoir de domicile fixe.

«Il n’y a rien de pire que d’avoir suivi un jeune pendant tout un été pour le perdre ensuite pendant l’années scolaire, et le voir revenir complètement changé. Ou pire, ne pas le revoir du tout», confie l’entraîneur Wayne Yearwood, qui a grandi dans la Petite-Bourgogne et a fait partie de l’équipe olympique canadienne de 1988.

Depuis ses débuts, l’objectif de l’académie est d’avoir un gymnase où elle pourrait organiser des séances d’entraînement et de l’aide aux devoirs à longueur d’année afin de garder à l’œil les adolescents les plus fragilisés. Elle a déjà eu accès à la polyvalente Saint-Henri pendant 10 ans mais en a été renvoyée par l’ancien conseiller municipal Michael Applebaum, qui disait en avoir besoin pour d’autres projets.

Depuis, elle utilise les gymnases du Collège Dawson, où Wayne Yearwood et Trevor Williams entraînent respectivement les équipes masculine et féminine de basketball. Cet été, ils ont aussi pu avoir accès au gymnase de l’école secondaire James Lyng.

Égaux mais uniques

Dans un gymnase bien caché au troisième étage de l’école de la rue Notre-Dame, une trentaine de jeunes de 15 à 17 ans du programme «élite» de l’Académie se rassemblent à tous les matins. À les voir, impossible de distinguer ceux qui proviennent de milieux plus difficiles. Ils sont tous visiblement doués et s’entraînent avec cœur.

Assis sur sa chaise confortable, installée au bord du terrain, Bob White les observe. L’homme de 81 ans connaît l’histoire de chacun et nous les présente. Celui-ci souffre d’un grave déficit d’attention, celui-là sort tout juste d’un centre de détention juvénile, cet autre n’a que treize ans mais a le niveau pour s’entraîner avec le groupe des 15-17 ans.

«On leur met un ballon dans les mains, et on les garde en-dehors de la rue», s’exclame-t-il, convaincu que la première fonction du programme est en fait de maintenir les adolescents dans le droit chemin. Il est d’ailleurs depuis sa fondation en 1978 l’âme de l’Association sportive de l’Ouest de l’Île, que Trevor et Wayne ont été les tout premiers à fréquenter, à l’âge de 12 ans.

Avec son ratio joueur/entraîneur très bas, l’Académie permet d’assurer un suivi très serré. «On ne veut pas qu’un jeune puisse passer entre les mailles. Il faut pouvoir identifier les problèmes qu’ils vivent rapidement pour pouvoir agir», explique Wayne.

Exemple
Pour l’ancien olympien, l’Académie est une façon de donner aux jeunes des modèles, des exemples à suivre. C’est pourquoi il embauche ses joueurs de Dawson comme entraîneurs pour le camp et invite l’équipe nationale des 16-17 ans, qu’il entraîne aussi, à jouer avec les jeunes athlètes.

«On leur montre ce qu’ils pourraient devenir. En ayant sous leurs yeux ces jeunes-là, qui viennent des mêmes milieux qu’eux et ont réussi, ils ne peuvent pas nier l’évidence. C’est possible!» souligne Wayne.

Les athlètes de haut niveau ayant passé par l’Académie sont de plus en plus nombreux. Deux des joueuses de l’équipe olympique canadienne, Nirra Fields et Lizanne Murphy, font d’ailleurs partie du lot. «Pas mal, pour un club qui n’a même pas de gymnase régulier, non?» blague Bob.

Malgré les difficultés à obtenir un local, les membres de l’Académie continuent d’espérer et poursuivent leur mission de donner aux jeunes les plus défavorisés des raisons de croire en leurs rêves.

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