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Pont Champlain: le transport des matériaux plus coûteux

Photo: TC Media/Félix O.J. Fournier

L’état des routes ainsi que la réglementation québécoise force le consortium responsable de la construction du nouveau pont Champlain, Signature sur le Saint-Laurent (SSL), à revoir sa stratégie de transport des matériaux. Du coup, la facture sera plus élevée, mais on ignore encore le montant exact.

Après 15 mois de travaux, SSL a dû diviser en trois l’expédition des différents éléments de structures à la suite d’une demande du ministère des Transports du Québec (MTQ). Moins de camions doivent circuler sur les routes de la province pour éviter de les endommager davantage dans le cadre du chantier Champlain.

Québec veut aussi limiter à 65 tonnes la cargaison des camions. Environ 350 circulent déjà chaque semaine sur l’ancien pont Champlain pour approvisionner les travailleurs de la nouvelle structure.

Dorénavant, l’équipement et les éléments de construction seront acheminés autant par voie terrestre que par bateau et par train pour ne pas ralentir les livraisons.

«Peu d’ajustements sont possibles à cause de l’approche modulaire [de la construction du pont]. On ne peut pas sauter d’étapes, il faut que les pièces arrivent à temps. D’où l’importance d’utiliser d’autres moyens de transports», explique le directeur du chantier, Daniel Genest.

PONT CHAMPLAIN jetéeImpacts
Pour l’instant, ce changement de stratégie ne cause aucun retard, mais l’avance prise dans la construction de la partie haubanée du pont, là où un pylône de 160 m soutiendra des câbles d’acier, a été perdue.

Globalement, l’échéancier est respecté et l’équipe de SSL considère que le processus est rendu là où il devait être.

«Le transport est le plus grand défi, avec l’échéancier, qu’ait connu ce chantier à ce jour. Qui dit transport par bateau et par train dit coûts plus élevés», indique M. Genest.

Il est encore trop tôt pour chiffrer l’impact financier. Infrastructure Canada, qui se charge de gérer l’enveloppe de 4G$ destinée au futur pont Champlain, ne précise aucun montant. Son directeur, Vincent Jarry, estime que le budget total ne pourra être modifié.

«Nous devrons rencontrer SSL dans les semaines à venir pour discuter de solutions aux coûts supplémentaires», admet-il.

Certains contrats devront aussi être modifiés. La fabrication de pièces originalement prévue à Drummondville, notamment quelque 22 éléments des amorces de pile de la partie haubanée, devront plutôt être assemblées directement sur le chantier.

La coordination des travaux sera repensée puisque le temps de transport n’est pas le même selon que les matériaux sont acheminés par camion, par bateau ou par train.

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