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Lieux de culte: un référendum pour Bernard, mais pas pour Laurier

Lieux de culte: un référendum pour Bernard, mais pas pour Laurier
Photo: Josie Desmarais/TC Media

L’arrondissement d’Outremont devra tenir un référendum sur le Règlement interdisant les nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard: 367 personnes, soit le nombre minimum requis, ont signé le registre pour empêcher la résolution.

La mobilisation de la communauté juive hassidique d’Outremont n’aura toutefois pas été suffisante pour reporter l’adoption du règlement sur Laurier Ouest. Seulement 4 personnes ont manifesté leur désaccord, alors que 176 signatures étaient nécessaires.

Les résidents devaient se présenter au Centre communautaire intergénérationnel entre 9h et 19h, le 8 septembre, pour s’opposer au règlement.

Si une faible participation avait été observée durant la journée, dès 18h, les membres de la communauté hassidique ont commencé à venir en nombre. Des familles entières se sont déplacées en mini-fourgonnettes. En quelques minutes, la file d’attente s’est allongée jusqu’à la porte d’entrée du centre.

Accrochés à leur cellulaire, les citoyens pressaient leurs amis au bout du fil afin qu’ils arrivent avant la fermeture des portes. Certains se sont tout de même vu refuser l’entrée à cause de leur retard.

«Il doit impérativement y avoir plus de personnel lors du référendum officiel, a affirmé le porte-parole de la communauté hassidique, Mayer Feig. Le dernier groupe de signataires n’est sorti qu’à 20h30. Plusieurs personnes étaient mécontentes de l’attente.»

Les modifications règlementaires afin d’interdire les nouveaux lieux de culte sur les avenues Bernard et Laurier ont été adoptées à majorité par les membres du conseil d’arrondissement le 1er août dernier. Puisque 21 demandes de participation référendaire valides avaient été déposées, l’arrondissement a été tenu d’ouvrir un registre pour chacun des secteurs visés.

Ce qu’en disent les commerçants

Les commerçants de la rue Bernard accueillent la nouvelle d’un référendum et la venue de nouveaux lieux de culte de façon mitigée. Voici les commentaires de certains d’entre eux.

*Précisons toutefois que, puisque ces commerçants tiennent enseigne près de la limite d’Outremont, du côté du Mile End, ils ne pourront pas aller voter.

La Cuisine d’Izza

Jérémie Assouline ne voit aucun problème à ce que de nouveaux lieux de cultes s’installent près de son commerce. Pour lui, cela fait partie de la vie de quartier et il irait même voter au référendum en faveur de la chose.

«J’aime mieux que ce soit des lieux de culte que des locaux vides, moches et désaffectés que les propriétaires laissent à l’abandon jusqu’à ce qu’ils soient loués.»

Originaire de France, M. Assouline habite le Canada depuis 10 ans et le quartier depuis 7 ans. «Il y avait un local sur Parc juste à côté, raconte-t-il. Ils en ont fait un lieu de culte et maintenant, c’est beau, propre, rangé. On ne voit pas à l’intérieur, on ne voit pas que c’est un lieu de culte et l’immeuble est propre.»

De toute façon, il considère les communautés juives d’Outremont comme plutôt réservées. «Ce ne sont pas des gens qui s’étendent sur la rue. Il n’y a aucun préjudice. Il n’y a pas d’ostentation.»

Van Horne Café Bistro

Assis seul en début de matinée dans son commerce de l’avenue Bernard, Maurice Mourad affirme qu’il n’était pas au courant du prochain référendum concernant l’interdiction des nouveaux lieux de culte sur la rue. Mais référendum ou pas, il n’ira pas voter.

«Je ne vote même pas pour le ministre du Québec», blague-t-il.

Il dit ne pas être dérangé par l’aménagement de nouveaux lieux de culte en général, mais garde une certaine réserve face aux synagogues. «C’est moins bon pour la business

Maurice Mourad, propriétaire du Van Horne Café Bistro, ne croit pas que de nouvelles synagogues seraient nécessairement bonnes pour le commerce.

Le Coin B

Nabila Rekache a ouvert son café en mars et réside tout près de l’avenue Bernard.

Elle ne semble pas dérangée par l’instauration de nouveaux lieux de culte sur la rue puisque la population juive a tendance à ne pas vraiment se mêler au reste de la population. «Ils sont dans un monde à part. Je ne pense pas que cela aura une influence sur le commerce.»

Elle est toute aussi ouverte à l’arrivée d’autres types de lieux de culte, tels que les églises ou les mosquées. «C’est très personnel, la religion. On ne peut pas se permettre de se mêler des choses personnelles. Les commerces et la religion, c’est séparé.»

La date et le lieu de vote du référendum pour Bernard seront annoncés lors d’une prochaine séance du conseil d’arrondissement. Il n’y aura cependant pas d’autre étape pour le secteur de l’avenue Laurier, et le Règlement entrera en vigueur dans cette zone.

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