Montréal
04:00 30 janvier 2017 | mise à jour le: 30 janvier 2017 à 06:14

Juripop revient dans le métro

Juripop revient dans le métro
Photo: Mario Beauregard/Métro

Dès ce lundi, une trentaine d’avocats et de notaires offriront gratuitement une multitude de conseils dans le métro Berri-UQAM.

«On veut démocratiser la justice, aller vers les gens qui sont parfois trop occupés, pressés, manquent d’argent ou n’osent pas prendre un rendez-vous formel avec un avocat», explique Me Marc-Antoine Cloutier, président et fondateur de Juripop, un organisme fondé en 2009.

Pour la troisième année consécutive, Juripop va installer chaque lundi, durant cinq semaines, quatre kiosques dans le métro Berri-UQAM. Alors qu’une vingtaine de spécialistes étaient présents lors des deux dernières éditions, une trentaine de professionnels bénévoles vont cette année se relayer pour répondre à une demande de plus en plus importante.

Les citoyens, quel que soient ses ressources financières, pourront consulter gratuitement un avocat ou un notaire durant 15 minutes, et ce de 12h à 18h. Ces juristes bénévoles offrent des conseils sur le droit au logement, l’emploi ou les problèmes familiaux, tels les divorces, la séparation de biens et la garde des enfants, thèmes les plus souvent évoqués.

«Un besoin considérable»
Conseils, questions sur un litige ou demandes d’assistance, ces rencontres s’avèrent parfois être un ultime recours pour des personnes en détresse, qui sont ensuite référées vers d’autres professionnels de l’organisme.

«Pour certains, on est le dernier espoir. L’an passé, une aînée de 80 ans est venue me voir, elle se faisait abuser financièrement, menacer par des amis de ses petits-enfants. Elle ne savait plus quoi faire», détaille Me Cloutier, avant de raconter la rencontre, quelques jours plus tard, d’une conjointe battue, qui n’osait pas s’adresser aux forces de l’ordre.

«Elle avait peur des représailles, elle craignait de laisser une trace, que son mari ne découvre sa démarche. Venir nous voir dans le métro, c’était sa seule solution. On a pu l’aider et elle a fini par divorcer», reprend l’avocat montréalais, qui se dit «marqué» par ces exemples «qui prouvent le besoin considérable des gens pour ce service.»

Un sentiment que partage le président de la Chambre des notaires du Québec, partenaire de cette initiative, qui milite pour «une justice préventive». «On veut prévenir et régler les problèmes avant d’arriver devant les tribunaux», confie Me Gérard Guay, qui évoque les nombreux conseils qu’il a donnés, ces deux dernières années, au sujet de la rédaction de testament, des successions et de l’immobilier.

«Février est une grande période de détresse juridique et humaine»
Cette clinique juridique populaire est offerte dans le cadre de la deuxième édition du Mois de la justice, lancé par Juripop. Durant tout le mois de février, en partenariat avec une vingtaine d’organismes communautaires, de nombreuses activités, colloques et rencontres vont être organisés dans différents arrondissements de Montréal pour sensibiliser, aider et conseiller les citoyens.

«Février est toujours le mois le plus achalandé, remarque Me Julien David-Pelletier, directeur de Juripop. Après les fêtes, des décisions se prennent, il y a du stress. C’est une grande période de détresse juridique et humaine. Les besoins sont surréalistes et inquiétants.»

Ce Mois de la justice se conclut le 3 mars.

Les activités de Juripop durant ce Mois de la justice sont consultables sur le site internet: www.juripop.org/mois-de-la-justice