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Le conflit étudiant en caricature, un exercice de haute voltige

Photo: Garnotte

De fortes personnalités, des manifs de casseroles, des carrés rouges – tous les ingrédients d’une crise sociale et d’une période faste pour les caricaturistes sont réunis.

Depuis le début du conflit étudiant, Mira Falardeau, spécialiste de l’image comique et auteure de L’histoire de la caricature au Québec, croit que les lecteurs ont droit à des dessins de grande qualité dans les journaux. «Les caricaturistes se dépassent! Il y aurait un livre à faire juste avec ça», dit-elle.

De par son côté instantané, la caricature s’est taillé une place de choix dans ce conflit. Les symboles forts utilisés par les acteurs du conflit, particulièrement le carré rouge, permettent aux caricatures d’être percutantes en un coup d’œil. «Il y a un carré rouge qui veut tout dire. Les caricaturistes peuvent l’utiliser à toutes les sauces», ajoute Mme Falardeau.

Une situation riche, mais qui comporte son lot de défis. Michel Garneau, dit Garnotte, caricaturiste au Devoir, admet qu’il n’est pas toujours facile de trouver l’inspiration avec un conflit qui s’éternise. «Mais il faut avouer qu’il y a des rebondissements dans cette longue saga, dit-il. C’est par exemple M. Rozon qui décide de s’inviter dans l’arène, ce qui nous a permis de sortir le bonhomme vert de Juste pour rire dans nos dessins», dit-il.

Un autre piège qui guette les caricaturistes dans un conflit aussi polarisé est le dérapage. On n’a qu’à penser à la caricature de Ygreck illustrant Gabriel Nadeau-Dubois en Oussama Ben Laden.

La ligne est mince entre le bon et le mauvais goût. Aux yeux de M. Garneau, choquer pour choquer n’est pas intéressant. «On est toujours dans la polémique, on roule avec ça, mais il faut qu’il y ait un certain sens, explique-t-il. J’essaie de ne pas m’acharner sur une personne, mais ça dépend de ce qui est dans l’actualité.»

Selon Mme Falardeau, la limite est dépassée lorsque l’humour manque de finesse. «Un appel à la violence trop aigu avec des mots crus n’est jamais drôle», souligne-t-elle.

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