Montréal

Une nouvelle image pour les taxis de Montréal

Une nouvelle image pour les taxis de Montréal
Photo: Mario Beauregard/Métro

New York a ses taxis jaunes, Londres a ses «black cabs» et Montréal aura ses voitures blanches.

Le maire Denis Coderre a dévoilé dimanche la nouvelle image de marque des taxis de Montréal, destinée à uniformiser et rendre plus reconnaissables les véhicules.

Les voitures seront bicolores: le blanc dominera l’ensemble tandis que la couleur du toit et du capot permettra de différencier les entreprises. Les taxis indépendants, qui représentent près du quart de la flotte montréalaise, arboreront le rouge. Un «bonjour» sera également apposé de chaque côté de la voiture.

Selon le maire, ces taxis deviendront au fil du temps un élément emblématique de la métropole.

«Avec les Uber de ce monde, il faut que l’industrie du taxi se réinvente. Et l’une des façons d’y arriver et d’améliorer le service-client, c’est par l’image de marque, a insisté M. Coderre. Ce n’est pas qu’une question de signature ou de marketing, c’est un changement de culture dans l’industrie.»

Pour l’instant, il n’y a que 12 automobiles qui portent ces couleurs. Le nouveau design sera implanté progressivement, sur une base volontaire. Il revient aux propriétaires des véhicules, entreprises privées ou chauffeurs indépendants, de l’adopter ou non et d’en assumer les frais.

«Ça va rehausser globalement l’image du taxi, a estimé Alexandre Taillefer, propriétaire de Téo Taxi, Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, soit 40% de la flotte montréalaise Si les chauffeurs veulent compétitionner avec des grands joueurs internationaux comme Uber, il y a deux volets qui sont essentiels: le marketing et la technologie.»

Les coûts nécessaires à cette transformation varient en fonction du modèle du véhicule et de sa couleur d’origine. Selon Renaud Beauchemin, chargé de communication du Bureau du taxi de Montréal, un nouvel habillage pourrait coûter entre 700 ou 800$ pour une voiture blanche, et jusqu’à 1500$ pour un véhicule noir.

«Nous sommes en train de chercher des façons de soutenir les propriétaires de taxis, notamment avec le ministère des Transports. Mais effectivement, c’est un investissement que devront faire les chauffeurs, a commenté M. Beauchemin. C’est dans leur intérêt d’adopter la nouvelle image de marque, mais ça ne se fera pas de façon obligatoire.»

«Je n’ai jamais vu quelqu’un redécorer sa maison alors qu’il n’était pas capable de payer son hypothèque. Présentement, les propriétaires de permis de taxi ont de la misère. Ce n’est pas la couleur du véhicule qui va changer la situation. C’est bien ce que veut faire la Ville, mais ce n’est pas la Ville qui va payer, ce sont les propriétaires. » –Dama Metellus, chauffeur indépendant au sein de la Coop de l’Est.

Nouvelle plateforme
Le Bureau du taxi dévoilera prochainement une plateforme de données ouvertes qui pourrait mener à la création d’une application regroupant l’ensemble des entreprises de taxi présentes sur l’île.

«La plateforme sera alimentée par des données de géolocalisation recueillies sur tous les taxis de Montréal. Ces informations seront offertes sous forme de données ouvertes aux créateurs d’application qui pourront s’en servir pour créer des logiciels axés sur les besoins de la clientèle», a commenté Renaud Beauchemin, sans préciser l’échéance du lancement.

Une telle application pourrait permettre de commander et de payer une course à même son téléphone, comme le font déjà Téo Taxi et Uber.