Montréal

Des aînés dénoncent des consultations «âgistes»

Photo: Josie Desmarais

Une quinzaine de groupes communautaires jugent que les consultations sur les aînés menées par Montréal excluent d’office de nombreuses personnes âgées, car elles sont organisées pendant l’hiver et dans trop peu de lieux.

Pour réaliser son plan pour les aînés, la Ville de Montréal a prévu quatre «rencontre d’échanges» qui se tiendront sur une semaine à partir de mercredi. Ces rencontres tiendront dans les quartiers d’Outremont, du Centre-Sud, de Saint-Laurent et de Saint-Léonard.

«Il y aura huit consultations sur les animaux de compagnie. C’est insultant», s’est offusqué lundi la professeure à l’Université Concordia et spécialiste de la mobilité, Kim Sawchuck, lors d’une conférence de presse lundi.

Mme Sawchuck a jugé que de tenir une consultation pour aînés en février est une idée ridicule. Elle a rapporté avoir reçu des appels de personnes qui disent ne pas pouvoir se rendre «à cause du froid ou de la neige». «C’est une occasion manquée d’entendre les plus vulnérables, qui sont handicapées ou ne peuvent pas se payer un accès à internet», a-t-elle ajouté, faisant référence au nouveau sondage en ligne mis de l’avant par la Ville.

Plus tôt en journée, la responsable au comité exécutif du développement social et communautaire, Rosannie Filato, a répondu à ces groupes communautaires qu’une consultation allait être ajoutée à Pierrefonds-Roxobo et qu’un sondage en ligne – désormais disponible en anglais – pouvait être rempli pour ceux et celles qui ne seraient pas en mesure de se déplacer.

Le président d’Action Aînés Québec, Michael Udy, a déploré que les gens de l’Ouest de l’île, dont beaucoup d’anglophones, soient ignorés dans cette consultation. «Les détails sont importants, car ils auront un impact sur le résultat de la consultation, a-t-il insisté. Ils symbolisent l’importance qu’accorde l’administration à certaines communautés.»

Mme Sawchuck a aussi soulevé un doute quant à la capacité de la Ville de créer un bon plan pour les aînés «s’ils ne peuvent pas bâtir une consultation conviviale».

Les groupes suggèrent de revoir les communications autour de la consultation pour miser davantage sur la publicité dans des médias plus traditionnels qui sont très consultés par les personnes âgées, comme la radio ou les journaux communautaires. Ils souhaitent aussi que les rencontres soient repoussées à une période ou la météo sera plus clémente. Mme Filato a répondu qu’elle «verrait ce qui pouvait être fait» de ce côté, mais qu’il y «avait un enjeu de financement, qui est reçu des autres paliers de gouvernement.»

Comité permanent

Les organismes souhaitent que la Ville se dote d’un comité consultatif permanent sur les aînés.

«Il s’occuperait surtout des enjeux de la vie des aînés à Montréal. Leur opinion pourrait servir pour évaluer d’autres politiques municipales», a expliqué Michael Udy.

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