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Diversité des effectifs: le SIM exclut les quotas

Photo: Josie Desmarais

Le directeur du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), Bruno Lachance, exclut l’imposition de quotas pour rattraper le retard dans la représentativité des femmes et des minorités parmi les pompiers.

«Pour l’instant, notre programme régulier d’embauche a d’excellents résultats. Il y a 22% de nos recrues de cette année qui sont issues des groupes sous-représentés. Tant que cela fonctionne, on n’adoptera pas d’autre stratégie», a affirmé mardi M. Lachance, à la sortie d’une séance de la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal sur la diversité au sein du SIM.

Selon les données du service, 29 pompières font partie de ses rangs, soit 1,2% des effectifs, 24 pompiers sont issus de minorités visibles (1%) et 5 sont d’origine autochtone (0,2%). Le SIM souhaite doubler ces chiffres d’ici 2021 et les tripler d’ici 2025.

Devant la quasi-absence de femmes dans des postes d’officier, la conseillère stratégique du SIM, Suzanne Desjardins, a indiqué dans sa présentation devant la commission qu’il faudrait «accompagner de manière plus étroite les femmes qui voudraient aller plus loin» et que de la «discrimination positive pourrait être appliquée».

Même si le SIM ne compte aucune femme parmi ses capitaines et ses chefs aux opérations, M. Lachance ne croit toutefois pas qu’un quota devrait être mis en place pour les promotions. «Pour passer au poste de capitaine, on doit passer par le poste de lieutenant. On a trois lieutenantes au SIM et elles n’ont pas appliqué sur le poste de capitaine. On doit respecter leur choix», a soutenu M. Lachance.

Dans le dernier processus d’embauche de chef aux opérations, trois femmes et trois personnes issues de minorités visibles ont postulé sur 19 candidats, mais aucune de ces personnes n’a obtenu de poste. «C’était un appel à l’interne et l’externe. On ne peut pas s’improviser chef aux opérations et ces personnes ne correspondaient pas au profil recherché», a affirmé M. Lachance.

Le président de la commission, Alex Norris, croit pour sa part qu’il faut «tenir compte des compétences également» et que l’imposition de quota peut avoir «un effet de contrecoup» sur l’ambiance de travail.

La responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Nathalie Goulet, pense que «l’objectif de doubler les effectifs, envoie un message plus fort que les quotas d’embauche». Toutefois elle n’a pas fermé la porte à l’imposition d’un quota pour l’accession à des grades supérieurs. «Ça serait à voir avec le SIM. C’est important qu’il y ait des femmes dans ces postes», a-t-elle jugé, ajoutant que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a atteint la parité dans les directeurs adjoints.

Le vice-président de la commission et membre de l’opposition officielle, Abdelhaq Sari, a souligné qu’au sein du SIM, «le problème est plus criant». «Pour les cadres, la représentativité des minorités visibles et des femmes, c’est un problème qu’on retrouve dans d’autres services aussi», a-t-il rappelé.

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