Montréal
23:24 6 mai 2018 | mise à jour le: 6 mai 2018 à 23:36 Temps de lecture: 4 minutes

«L’affaire de mon fils, ça m’a jeté à terre», confie Denis Coderre

«L’affaire de mon fils, ça m’a jeté à terre», confie Denis Coderre
Photo: Archives MétroDenis Coderre

L’ex-maire de Montréal Denis Coderre est revenu sur «l’année difficile» qui a mené à sa défaite aux élections municipales de novembre dernier lors d’un tête à tête avec Paul Arcand, dans le cadre de l’émission Conversation secrète diffusée dimanche soir. C’était la première fois qu’il accordait une entrevue depuis la victoire de Valérie Plante.

«J’ai manqué de gaz, a admis celui qui a dû quitter l’hôtel de ville à l’automne. Quand j’ai dit, lors de ma dernière conférence de presse, que je prenais tout le blâme, ç’a été ça.» L’ancien chef d’Équipe Coderre a confié avoir vécu une année 2017 difficile, marquée par son appel à la police qui a mené à l’arrestation de son fils, accusé d’avoir fraudé plus de 5000$. Avant de recevoir l’absolution conditionnelle en avril dernier, Alexandre Coderre faisait face à cinq chefs d’accusation qui auraient pu lui valoir plus de 10 ans d’emprisonnement.

«L’affaire de mon fils, ça m’a jeté à terre», a-t-il ajouté avant d’admettre, un peu plus tard dans l’entrevue, qu’il s’agissait de «l’un des moments les plus difficiles de [sa] vie». «De me mettre dans la peau du gars qui a incriminé son enfant, j’ai une boule dans la gorge. Et c’est venu me chercher pendant [tout 2017].»

«Pendant la campagne électorale, mon fils est venu me voir et on a pleuré ensemble. Il m’a dit: “Papa, je ne veux pas être avec toi parce que je ne veux pas te nuire”.» – Denis Coderre

«J’aime tellement mon fils, je sais qu’il va s’en sortir», a-t-il lancé, visiblement toujours ému, avant d’admettre qu’il s’en était voulu d’avoir appelé la police. «Je voulais protéger ma famille», a répliqué l’homme de 54 ans, puisqu’il était convaincu, à l’époque, que quelqu’un avait accès aux cartes de crédit de sa femme et de sa fille. Finalement, il ne s’agissait pas d’un cas de vol d’identité: son fils souffrait d’une cyberdépendance et s’était servi de l’argent pour accéder à des sites de clavardage.

«J’ai pensé que j’ai été un mauvais père, mais je crois que ces événements-là nous rapprochent», a-t-il admis avant d’annoncer fièrement qu’Alexandre va mieux.

Défaite crève-coeur
La défaite de l’automne dernier a été difficile pour Denis Coderre. D’ailleurs, l’homme politique est parti une semaine avec son chef de cabinet puis s’est retiré, seul, pendant une autre semaine «pour décanter». Un recul par rapport à sa défaite, mais aussi par rapport à l’affaire impliquant son fils. «Quand tu es seul, tu vis toutes ces émotions-là. On dirait que tout est sorti en même temps. Mais je voulais faire ça tout seul.»

«Ça a été tough. J’ai eu mal, j’ai eu très très mal. Mais dans la vie il faut passer à autre chose.» – Denis Coderre

Et s’il admet que la campagne de la mairesse de Montréal a été «brillante», M. Coderre a tout de même avoué à Paul Arcand qu’il n’avait pas vu la défaite venir. «Je ne l’ai pas réalisé, a-t-il avancé. La campagne de [Mme] Plante a été brillante, parce que à un moment donné ils ont dit que j’étais le maire de la transition. La pub a été très bonne», avant d’ajouter que c’était lui, «l’homme de la situation».

«J’ai travaillé tellement fort pendant les quatre dernières années, a-t-il confié. C’est le plus beau mandat que j’ai réalisé en 20, 30 ans de vie politique active.» Il a d’ailleurs réitéré qu’il était le seul responsable de la défaite d’Équipe Coderre. «J’avais vraiment l’impression d’avoir frappé un mur. Je prends tout le blâme.»

Retour sur des dossiers controversés
«C’était une erreur», a lancé d’emblée Denis Coderre, lorsque Paul Arcand l’a questionné sur la fameuse histoire du nombre de billets donnés ou vendus pour la Formule E. «C’était un bel événement, on avait des choses à changer, on a fait des erreurs de communication, mais l’événement en soi était exceptionnel.»

Après avoir touché au «désastre total» de la mise sous tutelle par le Service de police de  la Ville de Montréal par la Sûreté du Québec et à l’affaire Lagacé, le sujet en est venu à l’appel entre M. Coderre et Marc Parent, l’ancien directeur du SPVM, survenu après la fuite dans les médias d’une contravention remise à l’ancien maire. L’ancien maire a de nouveau admis «avoir pété sa coche», puisque quelqu’un «fouillait dans les ordinateurs» pour vérifier s’il avait bel et bien reçu des «tickets».

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