La couleur du temps, un regard critique sur la communauté haïtienne
Quelques semaines à peine après les émeutes de Montréal-Nord, la sortie du documentaire La couleur du temps, du scénariste Ronald Boisrond, tombe à point. Le documentaire explore les raisons pour lesquelles l’intégration des jeunes Québécois d’origine haïtienne dans notre société est difficile.
«Je suis arrivé à Montréal dans les années 1970, se remémore Ronald Boisrond. Des dames me saluaient dans la rue et me donnaient des bonbons. Trente-huit ans plus tard, les jeunes Noirs n’inspirent plus l’admiration, mais la méfiance, la peur et la crainte. Comment l’image du gentil petit Noir a-t-elle pu se transformer en celle du nègre menaçant?»
Le documentaire aborde, par l’entremise de témoignages de Québécois d’origine haïtienne, la surreprésentation de cette communauté dans le système carcéral et à la Protection de la jeunesse (DPJ), et les raisons sous-jacentes à ce phénomène: la pauvreté, le profilage, le décrochage et l’exclusion.
Il dénonce particulièrement l’apparition d’un racisme systémique dans les institutions québécoises. «On a tendance à intervenir beaucoup plus tôt, plus vite et de manière plus musclée envers les Noirs», estime l’un des intervenants, le psychologue-criminaliste Emerson Douyon.
La couleur du temps sera diffusé à Canal D, le 12 octobre, à 21 h.