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Le musée Pointe-à-Callière le grand bénéficiaire des subventions municipales

C’est le musée Pointe-à-Callière qui a reçu le plus de subventions municipales en 2016 parmi tous les organismes soutenus par la Ville de Montréal, selon le rapport de la vérificatrice générale de Montréal publié récemment. L’organisme se défend toutefois d’être trop gourmand.

Le rapport annuel de la vérificatrice générale (VG) Michèle Galipeau diffusé il y a deux semaines, a surtout fait jaser pour le chapitre sur la Formule E qui égratignait l’ex-maire Denis Coderre. Toutefois, celui sur la conformité des organismes subventionnés révèle lui aussi quelques faits intéressants.

En 2016, la Ville a versé 167M$ en subventions à des organismes, dont 89% (144M$) étaient des montants de plus de 100 000$. C’est le musée Pointe-à-Callière qui se taille la part du lion avec 13,7M$, ce qui représente 8% de l’ensemble des subventions de Montréal en 2016. Cela représente aussi le tiers des 42M$ octroyés en culture et presque autant que les 15M$ alloués à la vingtaine de sociétés de développement commercial qui représentent plus de 15 000 commerces et places d’affaires à Montréal.

La fondatrice du musée d’histoire et d’archéologie, Francine Lelièvre, se défend toutefois d’accaparer une trop grosse part du gâteau. Elle souligne que 40% des 13,7M$ correspond au paiement des frais d’exploitation. «Contrairement à bien des grands musées, on ne reçoit pas d’argent de Québec ou d’Ottawa pour fonctionner», lance-t-elle.

Le reste de la subvention concerne principalement la reconstruction d’une partie du fort Ville-Marie et la restauration du premier égout collecteur d’Amérique du Nord. «En 25 ans d’existence (le musée est un legs du 350e de Montréal), c’est la première fois que la Ville contribue financièrement à la mise en valeur deux sites historiques du musée», ajoute-t-elle, en mentionnant que son musée s’est débrouillé sans la municipalité pour la rénovation de la Maison des marins et de la station de pompage d’Youville.

De son côté, la Ville indique vouloir contribuer au développement de son musée dans son projet de création d’une «véritable cité de l’archéologie et de l’histoire sur les lieux mêmes du site de la fondation de Montréal».

S’il assure qu’il n’y a pas de jalousie entre les 15 musées d’histoire à Montréal, le directeur du château Ramezay, André Delisle, ajoute que plusieurs conservateurs se plaignent de sous-financement. «C’est normal d’avoir à Montréal un très grand musée d’histoire, mais pour la profondeur, c’est aussi important d’avoir pleins de petits musées qui ont chacun leur créneau», précise M. Delisle, qui note qu’une trop grande partie de son travail consiste à trouver d’autres sources de financement plutôt que d’exercer son métier de conservateur.

Yves Bergeron, spécialiste de muséologie au Département d’histoire de l’art de l’UQAM, croit lui aussi que le musée Pointe-à-Callière mérite son statut. «Il se compare aux meilleurs en termes de revenus autonomes et a développé un important partenariat avec l’Université de Montréal pour les fouilles archéologiques», souligne-t-il.

Compte tenu de la stature acquise, M. Bergeron croit que Pointe-à-Callière devrait obtenir le statut de musée national et être ainsi financé par le ministère de la Culture et des Communications. Selon lui, «la Ville soutient déjà ses propres musées (Centre d’histoire, musée de Lachine et château Dufresne), sans compter les musées regroupés autour d’Espace pour la vie, et en fait déjà plus que le gouvernement pour la muséologie scientifique».

L’Impact F.C. parmi les fautifs

Un organisme lié au club de soccer de l’Impact fait partie des 10 organismes subventionnés par la Ville n’ayant pas fourni de rapports financiers audités.

Dans son rapport, la VG Michèle Galipeau souligne que parmi les 216 organismes ayant reçu plus de 100 000$, dix n’ont pas respecté la loi, essentiellement des organismes jeunesse. Cinq n’ont fourni aucun document, dont l’Association des restaurateurs de rue du Québec. Quatre autres ont envoyé des documents financiers insuffisants (missions d’examen ou avis aux lecteurs). Dans le cas de l’Impact F.C., les documents fournis ne sont pas audités.

La Loi sur les cités et villes précise pourtant que «toute personne morale qui reçoit une subvention annuelle d’au moins 100 000$ est tenue de faire vérifier ses états financiers».

Du côté de l’Impact, on souligne que c’est pas le club lui-même qui est concerné, mais bien un des organismes indépendants qui lui sont affiliés. L’organisme en question a reçu une subvention de 350 000$ de la Ville dans le cadre d’un chantier de 17M$ pour rénover l’ancienne caserne Letourneux, qui est désormais le centre d’entraînement du onze montréalais. L’organisme à but non-lucratif aurait déposé des états financiers complets, mais non audités, en accord avec la Ville.

Autres grands bénéficiaires culturels
BAnQ – 10,3M$
Partenariat du Quartier des spectacles – 7,5M$
Évènements Grands prix cyclistes – 1,25M$
Festival de jazz de Montréal – 1,17M$

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