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Les enfants impassibles devant la cyberintimidation, selon une étude

Photo: Josie Desmarais

Les enfants et les adolescents témoins de cyberintimidation seraient peu enclins à intervenir ou à réprimander l’intimidateur, selon une étude menée par une équipe de recherche de l’Université McGill.

L’étude, conduite sur une année auprès de 100 élèves âgés de 8 à 16 ans, visait à recueillir la réaction des jeunes comme témoins et comme intimidateurs dans une situation de cyberintimidation.

Pour conduire l’étude, les chercheuses ont présenté à chaque enfant quatre récits où le témoin restait neutre. Dans deux d’entre eux, les participants devaient justifier la réaction du témoin, et, dans les deux autres, celle de l’intimidateur.

Dans près de 60% du temps, les participants ont justifié le comportement du témoin sur les bases de règles morales, tandis qu’environ la moitié des jeunes interrogés ont utilisé la même justification pour l’intimidateur. La majorité des données justifiait l’impassibilité du témoin.

«Ça revient à la difficulté des interactions sociales sur le web, a affirmé la chercheuse responsable de l’étude, Karissa Leduc. C’est difficile pour les adultes, mais encore plus pour les jeunes. Quand ils sont témoins d’une publication méchante ou négative envers une autre personne, c’est difficile pour eux de vraiment percevoir le tort fait à la victime.»

«En face à face, le témoin va pouvoir voir le tort que ça fait, a-t-elle poursuivi. C’est plus tangible que sur l’internet où il y a une distance qui est créée.»

Divers types de réactions ont surgi durant le processus: l’égocentrisme, l’indifférence morale ou l’empathie, par exemple.

Les chercheuses ont aussi remarqué que les élèves de niveau secondaire faisaient souvent preuve d’un désengagement moral face aux actes de l’intimidateur. Au contraire, les élèves du primaire faisaient plus souvent appel à l’indifférence morale, soit une justification basée sur aucun argument valable.

«L’étude est […] la première à faire preuve d’un schéma de développement du raisonnement moral quant à la cyberintimidation», peut-on lire dans l’article, publié dans la revue scientifique Computers in Human Behavior.

Les résultats n’ont pas surpris Mme Leduc, qui s’est tout de même dite étonnée de voir des enfants justifier le comportement de l’intimidateur.

La chercheuse invite les parents à enseigner à leurs enfants les responsabilités liées à Internet. «Il faut dire aux parents d’avoir des discussions préventives pour encourager les jeunes à développer une conscience face au contenu qu’ils trouvent sur le web», a dit Mme Leduc.

«La technologie va toujours faire partie de nos vies, donc il faut montrer, tant aux jeunes qu’aux adultes, comment vivre de façon responsable en ligne», a-t-elle ajouté.

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