Montréal
14:17 17 octobre 2012 | mise à jour le: 17 octobre 2012 à 14:18

L’agriculture urbaine pour augmenter le potentiel nourricier de Montréal

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a remis mercredi son rapport sur l’état de l’agriculture urbaine à Montréal, fruit des nombreuses consultations tenues cet été sur le sujet. État des lieux en quatre points.

Projets variés à développer. À Montréal on retrouve des adeptes du «windows farming», d’autres qui prônent la plantation d’arbres fruitiers en bordure des rues dans les quartiers défavorisés ou les corridors scolaires ou encore des organismes comme Fruits Défendus qui organisent des cueillettes chez les propriétaires qui n’ont pas le temps de le faire en échange d’une partie de leur récolte. On retrouve aussi dans l’Ouest-de-l’île une serre commerciale sur le toit d’un édifice et une ferme visant la réinsertion. «Ce sont des projets qui répondent à des besoins multiples de santé, d’intégration sociale, de lutte à la pauvreté et de développement durable», note l’OCPM.

Et les animaux?  Plusieurs citoyens ont indiqué qu’ils possédaient un poulailler dans leur cour, même si la réglementation l’interdit et ont tenu à démystifier la question du bruit ou de l’hygiène, note l’OCPM. L’organisme semble toutefois se ranger du côté des autorités de santé et suggère que cette question «fasse l’objet d’une analyse prudente». Quant aux ruches, on en trouve une dizaine au centre-ville. Elles jouent un rôle non négligeable dans la pollinisation et augmenteraient les rendements des productions des fruits et légumes de 25% à 30%. L’OCPM propose de soutenir la pratique de l’apiculture urbaine, mais rappelle que l’activité est encadrée par le ministère de l’Agriculture et qu’un permis est nécessaire.

Réactions. L’OCPM recommande que le concept d’agriculture urbaine soit inclus dans les stratégies municipales, mais aussi qu’elle soit soutenue financièrement et administrativement. Le Centre d’écologie urbaine a immédiatement souligné la portée du rapport. Il appelle notamment la Ville à prendre des mesures pour protéger les superficies cultivées et à identifier des espaces pour de nouveaux jardins communautaires. «Les recommandations de l’OCPM arrivent à point, puisque plusieurs documents de planification sont en cours d’élaboration. Que ce soit dans le cadre du Plan de développement de Montréal, dans le schéma d’aménagement de l’agglomération ou encore dans le plan d’urbanisme, l’agriculture urbaine bénéficiera dorénavant d’une place et d’un rôle renforcés», a répondu la Ville par communiqué.

Droit d’initiative. C’était la première fois qu’une telle consultation publique était lancée à l’initiative des citoyens.  Ces derniers ont récolté 29 000 signatures, soit le double du nombre nécessaire pour qu’une telle démarche soit enclenchée. En tout, 103 mémoires ont été déposés et 1500 personnes ont participé aux différentes activités organisées lors du processus. Le sujet interpelle les Montréalais si l’on se fie aux chiffres fournis dans le rapport. Montréal compterait notamment 8500 jardinets, 170 jardins communautaires et collectifs, une quarantaine de marchés saisonniers et 75 points de chute pour les paniers bios.

Le rapport complet est disponible ici.