Montréal
13:16 18 septembre 2018 | mise à jour le: 18 septembre 2018 à 22:06 temps de lecture: 5 minutes

Couillard promet 350M$ pour le Palais des congrès

Couillard promet 350M$ pour le Palais des congrès
Photo: Collaboration spécialeLe Palais des congrès de Montréal

MONTRÉAL — Loin de s’amender, le chef libéral Philippe Couillard a encore une fois attaqué les positions du chef caquiste sur l’immigration, mardi. Selon lui, le plan de la CAQ est pire que la Charte des valeurs de 2013 du Parti québécois.

«Dans les deux cas, on voulait diviser les Québécois, a-t-il déclaré en point de presse à Montréal, au lendemain du débat en anglais. Avec la Charte des valeurs, on voulait les priver d’emplois, là on va plus loin, on veut dire: « Vous n’êtes plus désirables au Québec, vous devez quitter ».»

La veille, le chef libéral avait été particulièrement dur à l’endroit de son rival caquiste, suggérant lors du débat que François Legault voulait laisser les immigrants indésirables sur le Pont MacDonald-Cartier, qui relie l’Ontario au Québec.

La CAQ veut faire passer les seuils annuels d’immigration au Québec de 50 000 à 40 000, «en prendre moins, mais en prendre soin». Le parti souhaite également faire passer aux nouveaux arrivants des tests de français et de valeurs, dont la réussite serait nécessaire avant d’accorder le certificat de sélection.

«Sa proposition est une caricature en soi. J’ai utilisé la même technique pour l’illustrer», s’est défendu Philippe Couillard, mardi.

Il a promis en entrevue à la radio de la CBC et de CJAD de suivre ses propres principes et valeurs pour se battre contre le plan de la CAQ, tout comme il s’était battu contre la charte péquiste en 2014.

Cette charte, qui a contribué à la défaite électorale de Pauline Marois, interdisait notamment le port de tout signe religieux ostensible, incluant le turban, le hijab et la kippa pour tous les employés de l’État dans le cadre de la prestation des services. Elle a suscité une importante controverse sociale et divisé profondément la population québécoise.

Fait inusité: M. Couillard a pu bénéficier de l’appui du chef du PQ, Jean-François Lisée, qui a déclaré qu’il n’y a rien de pire que de se faire dire qu’on va être expulsé.

«La volonté de la CAQ d’expulser des gens après trois ans, c’est pire que les pires choses que le Parti libéral a faites depuis quatre ans dans ses compressions», a-t-il affirmé.

La CAQ a toujours plaidé que le système d’immigration au Québec était un échec, puisque 26 pour cent des immigrants décident de quitter la province. M. Legault a dit mardi se sentir appuyé dans sa volonté de réformer l’immigration par une «majorité de Québécois».

Or, l’information qu’il véhicule est fausse, a martelé le chef libéral lors de son passage devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mardi.

Une nouvelle étude de l’Institut du Québec indique plutôt que le Québec retient cinq immigrants sur six après cinq ans.

«Bien sûr on peut faire mieux, mais il ne faut pas déformer les faits, a déclaré M. Couillard devant les quelques centaines de gens d’affaires venus l’écouter. Ce n’est pas un monde dans lequel on peut gouverner quand on est tout brouillon, et tout embrouillé.

«M. Legault doit refaire ses devoirs», a-t-il renchéri.

Regaillardi par les sondages qui placent sa formation politique au coude-à-coude avec la CAQ, il a martelé que seul son gouvernement est apte à diriger le Québec, aux prises avec une importante pénurie de main-d’oeuvre.

Environ 100 000 emplois sont vacants au Québec à l’heure actuelle, a-t-il dit, en ajoutant que les Québécois devront choisir entre «accueillir des talents du monde qui veulent contribuer, ou se diviser et se refermer».

«Proposer de diminuer le nombre de travailleurs d’ailleurs qui peuvent contribuer à notre succès, c’est nier la pénurie, c’est nier le défi», a-t-il déclaré, décochant plusieurs flèches bien senties à son adversaire caquiste sans jamais nommer les autres partis.

«Faire croire aux gens qu’il ne manque pas de travailleurs au Québec, mais seulement d’emplois plus payants, c’est nier le fonctionnement de notre économie. Refuser de connaître les faits et les succès, c’est nier la réalité.»

M. Couillard a vanté son bilan des quatre dernières années, qui, selon lui, a permis de transformer les déficits en «marges de manoeuvre» et doublé la croissance du PIB.

Le poids de la dette est en baisse, et Montréal a connu un véritable essor, selon le chef libéral, qui promet de déposer, dans un deuxième mandat, quatre autres budgets équilibrés.

Par ailleurs, s’il est reporté au pouvoir, Philippe Couillard a annoncé qu’il réserverait 350 millions $ pour l’agrandissement du Palais des congrès à Montréal.

En fin de journée, le chef du PLQ s’est envolé vers Val-d’Or, où il a rencontré les propriétaires de neuf succursales Subway, qui peinent à trouver du personnel pour leurs restaurants.

M. Couillard s’est déplacé dans l’une de ces succursales, fermée indéfiniment, faute de personnel.