La culture de l’ignorance à la Ville mise en doute
Les deux partis d’opposition à la Ville de Montréal se posent des questions sur l’ignorance plaidée par Union Montréal ces derniers temps. «C’est inquiétant, personne ne semble être au courant, affirme Catherine Maurice, attachée de presse de Projet Montréal. Pourtant, il y a eu six rapports.»
Le premier de ces six rapports, réalisé en 2004, démontre que Montréal «est vraiment dans un marché fermé concernant la réalisation de ses travaux de construction». Par conséquent, les travaux coûteraient de 20 % à 30 % plus chers, notent les auteurs.
Le directeur général de la Ville de Montréal, Guy Hébert, et le contrôleur général, Alain Bond, ont présenté lundi les rapports aux médias. Incapable d’expliquer pourquoi, M. Hébert a confirmé la version de l’ancien maire, Gérald Tremblay, qui affirme ne jamais avoir été informé de l’existence de ce rapport. Celui-ci s’est dit «trahi», la semaine dernière, lors de sa démission.
Il aura donc fallu attendre jusqu’en 2009 pour que la Ville se dote de mécanismes pour lutter contre la collusion dans l’attribution de contrats de construction.
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Les deux partis d’opposition déplorent ce silence. Ni Vision Montréal, ni Projet Montréal n’ont d’ailleurs eu accès aux rapports, jusqu’à présent. Lundi, lors de la présentation des rapports aux médias, des membres des deux partis ont été chassés de la salle. La conseillère de Vision Montréal Elsie Lefebvre a d’ailleurs déposé une demande d’accès à l’information. «Il y a eu de l’ingérence politique à vouloir résumer des rapports qui, manifestement, sont en défaveur de l’administration», a affirmé Louise Harel, la chef de Vision Montréal.
Elle a ajouté avoir beaucoup de questions à poser à Union Montréal. Elle se demande comment le comité exécutif peut plaider l’ignorance, alors qu’une firme a été engagée pour faire la surveillance des gonflements de coûts. Le contrat de 500 000 $ aurait été signé pour des travaux qui devaient durer 36 mois, selon Mme Harel. «Alors s’ils ont signé un contrat d’un demi-million de dollars sans savoir pourquoi… Écoutez, ça devient complètement aberrant!» s’est-elle exclamée.
L’attachée de presse de Projet Montréal, Catherine Maurice, trouve cette situation pour le moins dérangeante. «La culture du secret existe chez plusieurs fonctionnaires et membres d’Union Montréal», conclut-elle.