Commission Charbonneau: témoin menacé par la mafia
La commission Charbonneau a modifié de façon impromptue l’ordre des témoins pour faire entendre l’entrepreneur de Québec, Martin Carrier. Me Denis Galant, procureur de la commission, n’a pas souhaité dévoiler les raisons de ce changement.
Martin Carrier est cet entrepreneur qui avait brisé le silence en 2010, en révélant avoir été menacé par le clan Rizzuto. En 2005, l’entrepreneur propriétaire de Céramiques Lindo, situé dans la vieille capitale, avait obtenu un contrat à Montréal et avait reçu des menaces d’un homme de main du clan Rizzuto, Francesco Del Balso, qui lui avait dit de ne plus revenir travailler dans la métropole.
La commission a fait entendre l’enregistrement audio de cette conversation téléphonique datant du 17 janvier 2004. On y entend le mafieux dire à M. Carrier: «On aimerait ça que tu viens pu icitte faire des travaux […] parce que la prochaine fois, tu partiras pas d’icitte, O.K.?»
À la suite de cet appel, M. Carrier dit avoir été «plus sélectif» dans le choix des soumissions pour éviter ce genre de situation dans lequel il n’était pas à l’aise.
Ce n’est qu’en 2006 qu’un agent de la GRC l’a rencontré pour l’informer que Del Blaso était un proche du présumé parrain de la mafia, Vito Rizzuto.
La présidente France Charbonneau l’a remercié et l’a félicité pour son courage. Par la suite, l’enquêteur de la commission, Eric Vecchio, s’est amené à la barre pour ajouter qu’il avait rencontré Del Balso en août 2012 dans sa cellule de prison. Ce dernier lui avait dit qu’il avait appelé M. Carrier pour rendre un service à Nick Rizzuto senior, le père de Vito.
À la connaissance de M. Carrier, un autre entrepreneur de Québec avait reçu des menaces à la même époque.