Montréal

Montréal hésite à déployer des feux exclusifs aux piétons

Montréal hésite à déployer des feux exclusifs aux piétons
Photo: Josie Desmarais/Métro

L’administration de Valérie Plante s’est dite hésitante, mardi, à aller de l’avant dans le dossier des feux de circulation «tout rouge» qui réservent un passage exclusif aux piétons et qui immobilisent les automobilistes. Elle estime qu’une telle mesure encouragerait les comportements délinquants de tous les usagers.

D’après le responsable des transports au comité exécutif, Éric Alan Caldwell, l’exemple de Québec, qui a déjà mis en place des feux de circulation «tout rouge», démontre justement «que la solution n’est pas parfaite». «Il y a un niveau de délinquance élevée», a-t-il fait remarquer.

À ses dires, les feux tout rouge peuvent même éventuellement en venir à «décourager» les piétons, en rallongeant le temps d’attente avant de pouvoir traverser la rue.

«Le cycle est plus long pour le piéton, et le feu devient rouge seulement au bout de une minute ou de une minute et 20 secondes, par exemple», a illustré à ce sujet le cabinet de la mairesse Valérie Plante.

Malgré tout, l’administration de Valérie Plante s’est dite ouverte mardi à déployer des feux piétons «tout rouge» aux abords des écoles et des résidences pour aînés «là où une telle approche est la plus appropriée». Elle a aussi rappelé que la métropole «génère 42% des déplacements vulnérables au Québec».

À l’origine, c’est l’opposition officielle qui a proposé, dans une motion au conseil municipal, de programmer les feux de circulation situés aux abords des écoles et des résidences pour personnes âgées, afin d’empêcher notamment les automobilistes de rouler pendant la traversée des piétons.

Pour le conseiller de Saint-Léonard Ouest, Dominic Perri, un «problème réel» persiste à Montréal, sachant que 2018 a été l’année «la plus meurtrière depuis cinq ans, du point de vue des piétons», a-t-il déclaré.

«Il ne faut pas seulement penser aux cyclistes. Il faut penser aux jeunes et aux personnes âgées aussi, deux groupes très vulnérables», a-t-il expliqué dans une entrevue avec Métro, la semaine dernière.

L’opposition a souligné que Québec et Sherbrooke, qui utilisent les feux «tout rouge», présentent des taux beaucoup plus faibles de piétons-victimes par 100 000 habitants, soit de 37,7% pour la Capitale-Nationale et de 20,5% en Estrie. Cette proportion se situe à 63% dans la métropole.

«Ça fonctionne ce genre de projet. C’est apprécié par la population, ça donne un sentiment de sécurité aux piétons. C’est insuffisant ici. Si c’est assez bon pour le coin de l’hôtel de ville, c’est bon pour les écoles et les résidences de personnes âgées», a indiqué pour sa part le chef de l’opposition, Lionel Perez. Il faisait ainsi référence au feu de circulation «tout-rouge» situé au coin des rues Gosford et Notre-Dame.

Selon la Ville de Montréal, l’approche Vision Zéro, dont le plan d’action sera présenté en 2019, «améliorera significativement la sécurité de tous les usagers, incluant les piétons». L’administration Plante dit plancher sur une approche «qui préconisera une solution adaptée aux conditions particulières de chaque carrefour, et non une solution unique appliquée unilatéralement».

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