Montréal

«2019 sera une année de grands chantiers» – Philippe Schnobb, président de la STM

«2019 sera une année de grands chantiers» – Philippe Schnobb, président de la STM
Photo: Josie Desmarais/Métro

Les réseaux de bus et du métro de la Société de transport de Montréal (STM) seront en mutation en 2019. Et pour cause: de nombreux chantiers seront lancés ou se poursuivront au cours des douze prochains mois. Deux centres de transport seront en construction, les travaux au garage Côte Vertu et à la station Beaudry se poursuivront, des ascenseurs seront mis en place dans plusieurs stations de métro, la carte des circuits de bus sera révisée et des nouvelles boîtes de validation seront installées, sans compter le projet de mobilité intégrée, Céleste, qui se poursuivra. Métro a fait le point avec le président de la STM, Philippe Schnobb.

Comment entrevoyez-vous l’année 2019 à la STM?
En 2018, on a annoncé beaucoup de projets. Ces projets prennent un certain temps avant de se concrétiser. Ce sera une année de grands chantiers.

Vous avez évoqué en 2018 la nécessité de construire une nouvelle ligne de métro, qui ne ferait pas de correspondance à la station Berri-UQAM, pour désengorger la ligne orange. Considérant que ce type de projet prend plusieurs années avant d’être réalisé, la STM peut-elle à court terme améliorer la fluidité des déplacements dans le réseau de métro?
Oui, bien sûr. On va recevoir deux trains Azur supplémentaires en 2019. Ce sont des trains qu’on recevra, après avoir négocié les pénalités sur les retards [de livraison des voitures Azur]. On va les mettre en service sur la ligne orange. Ça va aider.

Quand on réfléchit à la révision du réseau de bus et à ce qu’on fera avec les 300 bus [qui arriveront en 2020], il est clair qu’on évalue différentes possibilités de développer certains circuits, qui pourraient permettre aux gens de se déplacer sans nécessairement prendre le métro. Ça peut éviter d’accroître la congestion dans le métro.

On contribue aussi au bureau de projet de l’ARTM [Autorité régionale de transport métropolitain] sur la ligne rose. On alimente la Ville avec différentes données. C’est un projet qui est en train d’être raffiné. Il est clair, pour nous, qu’il faut prendre la ligne orange tous les matins pour se rendre compte que la ligne rose est très pertinente.

«À Berri-UQAM, ce sont 66 000 personnes qui se croisent de 16 h 30 à 18 h 30, en moyenne, d’où l’importance d’assurer une fluidité. Si on ajoute des correspondances à Berri-UQAM, ça va ajouter à la difficulté.» – Philippe Schnobb, président de la STM

En 2018, Québec et Ottawa se sont entendus sur le financement entourant la préparation du projet de la ligne bleue. Ce projet est attendu depuis 30 ans et permettra de déplacer un nombre non-négligeable d’usagers. Craignez-vous qu’il fera accroître la congestion sur la ligne orange?
Il faut évaluer son impact. Heureusement, on a le temps de le voir arriver. Il y a le REM [Réseau express métropolitain] qui sera aussi une option pour venir au centre-ville. Il faudra voir l’ensemble des données à ce moment-là pour voir l’impact réel. On le sait que la ligne orange est engorgée et la ligne bleue pourrait contribuer à l’engorger davantage, C’est en 2026 qu’on prévoit ouvrir la ligne bleue. On a le temps de voir venir tout ça.

La STM semble vouloir apporter une attention particulière aux arrêts de service causés par ses usagers, notamment par les messages de Michèle. Est-ce que ça fait partie de votre stratégie pour améliorer le service dans le métro?
Tous les jours, on va ramasser des objets sur les voies: des cellulaires, des chapeaux, des foulards, des gants, etc. Il y a de tout. Récemment, il y a eu un poêlon.Les gens aiment moins entendre ça, mais la moitié des arrêts de service sont attribuables à des événements comme ça. On travaille pour réduire l’autre moitié: les problèmes du matériel roulant et des l’équipement, etc. On fait tout ce qu’on peut pour les réduire. C’est pour ça qu’on investit des milliards de dollars. Si les clients veulent nous donner un coup de pouce et faire leur part et réduire l’autre moitié, ça va bénéficier à tout le monde.

La STM veut revoir tout son réseau de bus. Est-ce que les premiers changements pourraient être apportés en 2019?
Cette réforme va s’étendre sur plusieurs années. Les consultations aussi. On va y aller par secteur, en priorisant ceux qui seront touchés par les changements importants comme le REM ou la ligne bleue, par exemple. Il y a d’autres secteurs, qui ne verront pas de modes lourds avant un bout de temps. Ces secteurs-là, on va aussi les faire en priorité.

La consultation permet de valider certaines hypothèses et de voir s’il y a eu des changements dans la démographie, dans l’activité économique du quartier. On a déjà lancé un sondage auprès de la clientèle. On a déjà eu 19 000 réponses. On veut voir ce que les gens veulent. Est-ce qu’ils veulent un bus aux cinq minutes à trois coins de rue de chez eux ou un bus aux trente minutes devant chez eux? C’est deux visions différentes d’un réseau et les deux peuvent sans doute cohabiter.

Avec l’arrivée de 300 bus supplémentaires, ce sera une aubaine parce que non seulement on revoit le réseau pour le rendre plus efficace, mais on aura plus de bus. Ça tombe bien.

À votre arrivée à la STM, celle-ci revendiquait constamment «une source de financement dédiée, annexée et récurrente». Aujourd’hui, avec la nouvelle gouvernance, la pression financière sur la STM est-elle aussi importante?
Avec l’ARTM, on a un financement assuré. C’est un autre dynamique complètement. On discute avec l’ARTM. On discute avec la Ville. On est dans une dynamique de croissance. Tout le monde en est conscient. L’arrivée des 300 bus a un effet sur le budget.  On le voit le venir.

Quand je suis arrivée, on demandait «une source de financement dédiée, annexée et récurrente». On est pas mal rendu là avec l’ARTM. On est dans une période de croissance du transport collectif. Il y a beaucoup d’argent investi. C’est extraordinaire.