Montréal

Montréal veut une stratégie plus «globale» pour les ateliers d’artistes

Montréal veut une stratégie plus «globale» pour les ateliers d’artistes
Photo: Josie Desmarais/Métro

Montréal envisage sérieusement d’élaborer une stratégie pour soutenir les ateliers d’artistes, certains d’entre eux étant aux prises avec des problèmes menaçant leur survie.

La Ville de Montréal souhaite intervenir sur «les aspects réglementaires et le soutien financier» accordé aux artisans, a indiqué mardi la porte-parole du cabinet de la mairesse, Laurence Houde-Roy, jointe par Métro.

«On cherche vraiment à avoir une stratégie globale. L’échéancier sera connu sous peu, mais tout ça sera assurément présenté en 2019», a-t-elle insisté.

La Ville assure également qu’elle travaillera «avec les artistes» et d’autres partenaires dans le processus afin de mieux comprendre les enjeux qui sont sur la table. «Ça nécessitera un état de la situation exhaustif des ateliers d’artistes, ce qui est d’ailleurs une demande des artistes», a poursuivi Mme Houde-Roy.

Lundi, en mêlée de presse, la mairesse Valérie Plante avait affirmé que «plusieurs quartiers ont pris de l’ampleur justement parce que les artistes pouvaient s’y loger et y travailler. À la Ville, on en est à travailler sur un plan plus général qui proposerait des mesures pouvant être mises en place», a-t-elle indiqué à ce moment.

Aux yeux de la chef de Projet Montréal, il faut comprendre que plusieurs axes d’intervention existent. «De pouvoir mettre ensemble des espaces, d’avoir des subventions, ou de garder des unités de création quand on développe des unités de logement abordable et social, tout ça est en pris en considération», a renchéri la mairesse.

«Pour moi, la vitalité d’un quartier passe par les gens qui peuvent l’habiter, qui peuvent y travailler et y créer quelque chose.»  – Valérie Plante, mairesse de Montréal, questionnée sur l’importance des ateliers d’artistes

En décembre dernier, le président des Ateliers Belleville, Jonathan Villeneuve, avait expliqué à Métro que la spéculation immobilière dans le Mile-Ex met gravement en péril certains espaces de création. «[Les artistes] ajoutent de la valeur dans les quartiers, on aide à leur gentrification, et après on se fait sortir des lieux qu’on a embellis et on se retrouve avec rien. Il faut que ça cesse», avait déploré le porte-parole de l’OBNL situé dans La Petite-Patrie, disant vouloir attirer l’attention des élus montréalais sur cet enjeu.

L’administration Plante dit réfléchir à cette question «depuis longtemps» afin de prendre en compte les besoins des artisans le plus fidèlement possible. «C’est tellement important, la possibilité pour des artistes de créer dans un quartier», a dit Valérie Plante, soulignant vouloir contribuer à la vitalité culturelle de la métropole.

Radio-Canada rapportait lundi que l’intelligence artificielle inquiète également de plus en plus les artisans. Dans le Mile-Ex et les environs, des joueurs imposants comme le Cirque du Soleil, Behaviour, l’Institut québécois d’intelligence artificielle (MILA) ou l’Institut de valorisation des données ont maintenant pignon sur rue.

Pendant qu’Ottawa et Québec disent choisir la ville de Montréal comme l’hôte d’une «grappe d’innovation» en intelligence artificielle, le collectif Nos Ateliers dit se mobiliser pour «pérenniser la présence d’ateliers d’artistes au cœur de l’île de Montréal», lit-on sur sa page Facebook. Le mot-clic #nosateliers circule abondamment sur les réseaux sociaux depuis quelques mois déjà.

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