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Des travaux empêchent la vente d’arbres de Noël au carré Saint-Louis

«Un arbre de Noël, ça apporte beaucoup de bonheur dans une maison», dit Lucien Lapointe. Photo: Yves Provencher/Métro

Toutes les années depuis plus de 30 ans, Lucien Lapointe se postait au carré Saint-Louis et y vendait des sapins de Noël. Cette année, il n’y sera pas. En raison des travaux en cours dans le parc du Plateau-Mont-Royal, il ne peut pas revoir sa clientèle à laquelle il est tant attaché.

«C’est une insulte à la clientèle», s’est indigné le vieil homme de 78 ans. Il a reçu une lettre au mois d’octobre de la Corporation de gestion des marchés publics lui indiquant qu’il ne pouvait plus vendre de sapins de Noël au carré Saint-Louis. Il trouve déplorable d’en avoir été informé à la dernière minute.

L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal assure toutefois avoir informé M. Lapointe au printemps de sa décision de donner une cure de jouvence au carré Saint-Louis. «On a regardé les endroits où il aurait pu s’installer, mais aucun ne convenait», a indiqué le porte-parole de l’arrondissement, Michel Tanguay.

Le producteur de sapins de Noël est allé voir l’état du carré Saint-Louis cet automne après avoir été prévenu de sa fermeture. «J’ai parlé à un contremaître qui m’a dit que ce serait peut-être possible pour moi de vendre mes arbres en libérant un peu d’espace. Il devait en parler à son patron. Je n’ai jamais eu de nouvelles.»

M. Tanguay a insisté sur le fait que le parc demeurera fermé pendant l’hiver puisque le travaux ne sont pas terminés. «On ne veut pas risquer de détériorer ce qui a été commencé, a-t-il expliqué. Il y a des règles très strictes à respecter pendant la durée des travaux.»

Chaque année, Lucien Lapointe vendait quelques centaines d’arbres de Noël au carré Saint-Louis. Pendant une vingtaine d’années, il a aussi été au marché Atwater, mais en raison de relations tendues avec les autres commerçants, il a quitté. Plusieurs de ses clients l’ont suivi au carré Saint-Louis, où il a décidé de concentrer ses activités.

«Le carré Saint-Louis, c’était une place spéciale, a confié M. Lapointe. Les clients faisaient partie de ma famille. Il y en a qui venaient avec une traîne sauvage ou une petite voiturette pour acheter leur sapin. Il y en a aussi que je ne connaissais pas et qui venaient s’asseoir avec moi juste pour parler.»

Tous les mois de décembre, il prenait des nouvelles de ses clients réguliers. Les tout-petits avaient grandi et les plus vieux affichaient une ride de plus. Il les suivait au fil de leur vie.

«Chaque année, des enfants de trois garderies venaient marcher dans le parc, a-t-il ajouté. Je donnais une petite branche à chaque enfant, et ils chantaient Mon beau sapin. C’était beau ! Mais il n’y aura plus rien de cela.»

Une pancarte a été installée au carré Saint-Louis pour informer les résidants du quartier que Lucien Lapointe n’y sera pas cette année. Une dizaine d’entre eux l’ont appelé jusqu’à maintenant pour lui faire part de leur colère. M. Lapointe a décidé d’aller livrer des arbres de Noël directement à leurs domiciles. «Il y a des clients qui venaient me voir depuis 25 ans!» s’est-il exclamé.

Le point de vente de M. Lapointe est désormais situé sur le terrain d’une épicerie du boulevard Chambly, à Longueuil. «Ça fait dur, a-t-il dit. Je ne connais personne. C’est nouveau.» Plus d’une centaine d’arbres pourraient se retrouver à la poubelle, faute d’acheteurs. Le producteur d’arbres de Noël espère pouvoir retourner au carré Saint-Louis l’an prochain. L’arrondissement n’a encore rien décidé à ce sujet.

Parcours
Lucien Lapointe vend des arbres de Noël depuis le début des années 1970.

  • «Je voulais être proche de la nature, a raconté cet ancien employé d’Hydro-Québec. J’aurais aimé être un fermier, mais je ne voulais pas tuer d’animaux.»
  • Il a appris les rudiments de la culture des sapins aux États-Unis. Il est membre de la Vermont and New Hampshire Christmas Tree Association.
  • Pendant le printemps et l’été, M. Lapointe cultive les sapins et les transplante. À l’automne, il les coupe.
  • Il faut attendre 15 ans avant qu’un arbre soit assez mature pour devenir un sapin de Noël.
  • En plus de vendre des arbres de Noël au Québec, M. Lapointe en envoie aux Bermudes et aux États-Unis.

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