Montréal

Ligne bleue: 600 M$ d’imprévus et d’erreurs d’expropriations

Ligne bleue: 600 M$ d’imprévus et d’erreurs d’expropriations
Photo: Marc-André CarignanLa ligne bleue du réseau de métro de Montréal

La mairesse de Montréal Valérie Plante a reconnu mardi que le dépassement de coûts d’environ 600 M$ pour le prolongement de la ligne bleue pourrait être dû à des erreurs de calculs à l’interne.

«Les prix de certaines expropriations n’avaient peut-être pas été évalués en se basant sur la réalité, a-t-elle admis. Quand on parle de la STM, on doit inclure la question des taxes.»

Chose certaine: la mairesse ne remet pas pour autant en question la pertinence de ce projet, qu’elle estime essentiel au développement de Montréal. «Le gouvernement l’a déjà dit: c’est un projet important et il faudrait même que ça aille plus vite, a envisagé l’élue. La population attend ce prolongement, donc on se souhaite surtout qu’il n’y ait plus de dépassements de coûts et qu’on ait l’heure juste.»

«Ce n’est jamais une bonne nouvelle. On est jamais contents qu’un projet soit plus coûteux. Ce qu’on veut comme décideurs, c’est d’avoir un prix qui corresponde à la réalité.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

D’après des informations obtenues par La Presse, les cinq nouvelles stations du prolongement de la ligne bleue sur une distance d’environ 6km coûteront finalement 4,5 G$. Le premier montant qui avait été annoncé par le gouvernement libéral de l’époque, il y a un an, était plutôt de 3,9 G$, soit une augmentation de près de 15%.

Jointe par Métro, la porte-parole de la STM, Amélie Régis, affirme que «le budget préliminaire de la ligne bleue peut évoluer, alors que la planification du projet progresse». Son «budget final» sera confirmé lors du dépôt du dossier d’affaires en 2021.

«Les écarts au budget préliminaire s’expliquent par des changements dans le calcul des taxes.» -Amélie Régis, porte-parole de la STM

Le «changement de structure» de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), en remplacement de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), ainsi qu’«une hausse des frais financiers» seraient aussi responsables de cette hausse.

Cette année, le bureau de projet, qui fait face à de nombreux dépassements de coûts, s’attaquera «à la finalisation des dernières études devant mener à l’élaboration du prochain mémoire». Celui-ci sera ensuite soumis au conseil des ministres.

Autres priorités pour 2019: l’élaboration des «spécifications techniques des infrastructures», la préparation «des plans et devis des équipements fixes» et la création «du dossier d’affaires et la poursuite des démarches liées aux acquisitions foncières», poursuit la porte-parole.

«La majorité des avis d’expropriation a été signifiée aux propriétaires concernés. Des visites ont lieu pour l’exercice d’évaluation et de négociation des acquisitions», a-t-elle constaté.

Pas crédible, dit l’opposition
Pour le chef de l’opposition, Lionel Perez, la situation démontre à quel point le projet de ligne rose de Projet Montréal n’était pas réaliste. «Ils voulaient 29 nouvelles stations pour 6 G$. Ils sont très loin de la réalité. Leur position n’est aucunement sérieuse ou crédible», a-t-il expliqué.

Insistant pour que la Ville «doive rendre des comptes plus détaillés» à l’ARTM, Lionel Perez estime que «le fait qu’on ait oublié les taxes est un autre manque de rigueur dont les Montréalais feront les frais».

Québec aura maintenant «à cogner à toutes les portes» comme bailleur principal de fonds pour «trouver des solutions», d’après lui.

«Il y a un consensus pour aller de l’avant avec le prolongement de la ligne bleue de tous les paliers, car ça fait partie d’une nécessité vers l’est.» -Lionel Perez, chef de l’opposition

Il dit toutefois vouloir «s’assurer que Montréal ne perde pas au change à travers d’autres subventions» pour des projets d’envergure que le fédéral convoite.

En fin d’après-midi, mardi, le gouvernement Legault a confirmé qu’il ira de l’avant avec le projet de prolongement de la ligne bleue, mais qu’il demandera au fédéral de débourser davantage pour ces nouveaux frais.