Montréal
15:08 28 juin 2019 | mise à jour le: 2 juillet 2019 à 09:10 temps de lecture: 3 minutes

Loyers: encore plus cher que les données officielles, selon une étude

Loyers: encore plus cher que les données officielles, selon une étude
Photo: Josie Desmarais/MétroLe FRAPRU presse le gouvernement de se doter d’une cible à long terme de réalisation de logements sociaux et abordables.

Si on se fie aux données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), la réalité des prix des loyers à Montréal n’est pas bien documentée, plaide le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dans une étude parue vendredi. Le groupe soutient qu’en moyenne, les loyers enregistrés sur le Web sont 28% plus chers que les données officielles.

Pour en arriver à cette conclusion, le RCLALQ a scruté quelque 1000 annonces sur le site de petites annonces classées Kijiji entre le 18 mars et le 11 juin dernier. À Montréal, un logement moyen coûte 1193$ sur cette plateforme, alors que la SCHL l’estime à 796$. Idem pour les logements de trois logements et plus, où Kijiji affiche une moyenne de 1573$, alors que la SCHL enregistre à peine plus de 1000$. Les studios et les plus petits logements suivent la même logique ; l’écart entre les données virtuelles et réelles sont de 173$ et de 338$.

«Trouver un logement de 2 chambres à 800$ par mois qui soit en relativement bon état [à Montréal], c’est tout simplement impossible, indique le porte-parole de l’organisme Maxime Roy-Allard, dans un communiqué. Les locataires doivent plutôt s’attendre à débourser au moins 1 000$, voire souvent beaucoup plus. Or, pour beaucoup de ménages, c’est tout simplement impossible de débourser ces sommes. Ils doivent donc se tourner vers des logements trop petits pour leurs besoins ou encore des logements en piteux état.»

Dans sa missive, le regroupement dit vouloir sonner l’alarme et interpeller Québec sur «la nécessité de créer un contrôle obligatoire des loyers, de mettre en place un registre des loyers et d’étendre les mesures d’urgence pour les ménages locataires à risque de se retrouver sans logement», devant une crise du logement sans précédent.

«En raison de l’absence de mesures de contrôle, le prix des loyers augmente très rapidement, bien au-delà de l’inflation», poursuit M. Roy-Allard.

Selon lui, «de nombreux ménages locataires connaissent d’importantes difficultés à se trouver un logement abordable qui convient à leurs besoins». Il estime que plus de 450 000 ménages locataires québécois «accordent plus de 30% de leur revenu au paiement du loyer et que près de 200 000 d’entre eux y engloutissent 50% de leurs revenus».

À l’échelle de la province, le RCLALQ dresse un portrait similaire à celui de la métropole, notant un écart d’environ 28% entre prix virtuels et officiels, en moyenne.

Le regroupement déplore que la saison estivale soit devenue «une vraie mine d’or pour les propriétaires», eux qui «augmentent souvent abusivement les loyers lors du départ des locataires».

Les chambres et les maisons ont été exclues de l’étude, tout comme les cessions de bail et les sous-locations.

Écart justifié
«Nous sommes conscients qu’un écart peut exister entre les loyers moyens présentés dans notre rapport et les loyers des appartements encore disponibles sur le marché», a réagi par courriel la porte-parole de la SCHL, Audrey-Anne Coulombe, qui souligne que les données de l’organisation tiennent compte «presque exclusivement des logements qui sont occupés», et non pas de ceux qui sont encore à louer en ligne.

La SCHL souligne par ailleurs que son estimation du loyer moyen concerne l’ensemble de la région métropolitaine, en incluant les villes des rives nord et sud de la métropole, où les logements sont moins dispendieux, ce qui peut influencer à la baisse le résultat final.

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