Montréal

Plainte à la CMQ contre le maire: la tension monte à Outremont

Plainte à la CMQ contre le maire: la tension monte à Outremont
Photo: Archives MétroLe maire d'Outremont, Philipe Tomlinson

Un résidant d’Outremont porte plainte à la Commission municipale du Québec (CMQ) contre le maire Philipe Tomlinson, l’accusant d’avoir «manqué de respect» et «carrément injurié» des citoyens lors d’une séance du conseil d’arrondissement qui s’est tenue le 2 juillet dernier. L’élu, pour sa part, a porté plainte pour agression après s’être fait lancer des arachides.

Le vote sur le projet de règlement qui rendrait payants l’ensemble des cases de stationnement sur rue dans Outremont a causé de vifs échanges le 2 juillet, aux bureaux de l’arrondissement.

Le maire Philippe Tomlinson a notamment traité des citoyens s’opposant au projet sur le stationnement de «peanut gallery», un terme insultant qui signifie que leur opinion ne compte pas. En guise de réplique, un citoyen a jeté des arachides vers le maire lors d’une autre séance tenue le 4 juillet.

«En gros, il est en train de nous dire que nous sommes des gens dont l’opinion ne mérite pas d’être exprimée, explique à Métro le citoyen Marc Poulin, qui a déposé la plainte devant la CMQ. C’est ordinaire venant d’un maire qui est supposé représenter tous les citoyens.»

Habitué des séances de conseil à Outremont, M. Poulin estime que le climat actuel dans l’arrondissement «est très malsain, dans la mesure où le maire Tomlinson méprise les gens qui ont une vue différente de la sienne».

«Il considère qu’il a tous les pouvoirs parce qu’il a été élu avec une majorité. On demande une consultation publique sur le stationnement et on nous la refuse. On proteste, on nous traite de peanut gallery. C’est loin d’être un environnement démocratique.» -Marc Poulin

De vigoureux échanges
Seul député de l’opposition dans l’arrondissement, le conseiller du district de Robert-Bourassa, Jean-Marc Corbeil s’oppose lui aussi au projet du stationnement payant. Il a lui aussi eu de vigoureux échanges avec le maire Tomlinson lors de la séance du conseil du 2 juillet.

En ayant officiellement affirmé son opposition, M. Corbeil avait déjà voté contre celui-ci, d’après le maire Tomlinson. Or, l’élu d’Ensemble Montréal clamait haut et fort qu’il n’avait «jamais voté» et que la séance devait ainsi être levée.

 «Ça fait deux mois que vous écœurez le peuple avec votre projet. Là, maintenant, le peuple a le droit de s’exprimer, peu importe ce que vous en pensez. Je vous interdis d’enregistrer mon vote. J’ai le droit de voter quand je veux. Soyez donc fairplay.» -Jean-Marc Corbeil, en s’adressant au maire Tomlinson

La greffière a finalement tranché: aucun vote n’a été enregistré, empêchant ainsi l’administration d’aller de l’avant dans ce dossier.

 «La goutte de trop»
S’il était «initialement prêt à passer l’éponge», disant comprendre que «dans le feu de l’action, nos paroles peuvent parfois dépasser notre pensée», Marc Poulin est vite revenu sur sa décision lorsque le maire Philipe Tomlinson a porté plainte aux autorités policières contre Pierre Lacerte, ce citoyen qui lui a lancé des arachides le 4 juillet.

«Il a porté plainte et l’a médiatisé sans montrer toute l’histoire derrière. Pour moi, ça démontre que pour le maire, des citoyens sont de potentiels opposants à ses projets, plutôt que des électeurs à représenter», déplore M. Poulin. «Pour être crédible comme martyr de la démocratie, il faudrait au moins avoir les mains propres. On est rendu dans l’abus de pouvoir et l’intimidation alors que rien ne justifie cela», renchérit le citoyen.

Jointe par Métro, une porte-parole de la Commission municipale du Québec (CMQ), Isabelle Rivoal, a indiqué ne pas être en mesure «d’infirmer ou de confirmer quoi que ce soit dans ce dossier». «Tant qu’il n’y a pas démonstration d’un manquement, toutes les plaintes demeurent confidentielles», a-t-elle insisté.

Appelé à réagir, l’arrondissement d’Outremont n’a pas retourné les appels de Métro.