Montréal

Le nombre d’arbres et d’espaces verts en augmentation dans le Grand Montréal

Le nombre d’arbres et d’espaces verts en augmentation dans le Grand Montréal
Photo: Josie Desmarais/MétroLe mont Royal est l'un des principaux lieux de concentration de la canopée sur l'île de Montréal.

Malgré une forte croissance économique, industrielle et même démographique, la part du territoire couvert par des arbres et des espaces verts dans la région de Montréal continue d’augmenter, selon des données révélées mercredi. Une tendance qui serait toutefois très fragile.

C’est ce qu’estime la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui a publié en matinée un bulletin Perspective Grand Montréal avec des chiffres actualisés sur l’état de la canopée.

Pour l’heure, la concentration des arbres dans les environs de Montréal se porte plutôt bien, selon l’étude. De 24,9% en 2011 à 25,6% en 2015, elle atteint aujourd’hui près de 27% du territoire. Un chiffre «surprenant» dans un contexte de transformation urbaine accru, soutient le conseiller au Service de l’environnement de la CMM, Jim Routier.

La plantation et la pousse des arbres «ont surpassé les pertes potentielles», autant sur l’île de Montréal qu’en banlieue, analyse M. Routier. Ces «pertes potentielles» seraient liés au développement urbain et agricole, qui nécessite souvent le déboisement de parcelles en raison des changements d’usage du sol, ou encore à l’agrandissement de carrières.

«Des efforts importants sont faits pour conserver les milieux naturels en ce moment, dont les boisés. De plus en plus, les arbres en ville font aussi l’objet de mesures de protection.» -Jim Routier

Près de la moitié (45%) du couvert forestier de Montréal et de ses environs bénéficie en effet de mesures de conservation très strictes, dont la construction d’aires protégées et de corridors forestiers en périphérie de l’île. Les municipalités sont aussi de plus en plus nombreuses à restreindre l’abattage d’arbres en santé sur leur territoire.

Une croissance moins soutenue à l’horizon?

Si les choses vont bien jusqu’ici, la réalité serait toutefois sur le point de changer: la mortalité des espèces liée à l’agrile du frêne et le vieillissement de la canopée pourraient ralentir son développement. Les efforts de reboisement de la Ville de Montréal et de la CMM pour compenser ces pertes «vont porter fruit, mais seulement dans quelques années», selon M. Routier.

«Je m’attends à ce que la croissance soit moins importante dans les années à venir pour ensuite se stabiliser. Il y a des facteurs qui vont finir par transparaître», observe-t-il.

Joint par Métro, le responsable des dossiers Espaces verts et milieux naturels au Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-MTL), Emmanuel Rondia, s’est fait lui aussi plutôt nuancé.

«C’est une nouvelle encourageante. Avec l’agrile du frêne qui poursuit ses ravages, il faut cependant redoubler collectivement d’efforts pour s’assurer que l’augmentation se poursuivra dans les prochaines années. Les municipalités doivent aussi mettre en place les mesures nécessaires pour protéger les parcelles boisées qui pourraient être menacées de disparition.» -Emmanuel Rondia

Appelée à réagir, la porte-parole au comité exécutif, Laurence Houde-Roy, indique à Métro que la Ville de Montréal prendra «le temps d’étudier le rapport». «Nous saluons les efforts de l’ensemble de la CMM qui portent fruit et nous continuions nos efforts [pour préserver la canopée] en fonction de nos objectifs», ajoute-t-elle.

En novembre 2018, lors d’une commission permanente tenue à l’hôtel de ville, l’administration Plante disait vouloir «maintenir» son objectif d’augmenter la canopée à 25% sur l’île de Montréal. Ce pourcentage se situe actuellement à un peu plus de 21% dans la métropole.

Selon la directrice du Service des grands parcs, du mont Royal et des sports, Louise-Hélène Lefebvre, la Ville est actuellement «en contrôle de la situation, en termes de plantation, même si la gestion de l’agrile du frêne est toujours à considérer».