Montréal

À l’aube du mi-mandat, Montréal publie 140 «indicateurs de performance»

À l’aube du mi-mandat, Montréal publie 140 «indicateurs de performance»
Photo: Josie Desmarais/MétroLe responsable de l’innovation au comité exécutif, François Croteau, en mai dernier, lors du lancement de la Charte des données numériques de Montréal.

Alors que la mairesse Valérie Plante et son parti approchent les deux ans au pouvoir, Montréal publie vendredi plus de 140 «indicateurs de performance» sur l’état d’une vingtaine de secteurs d’activités dans la métropole. On y apprendre entre autres que l’administration a dépensé davantage pour le déneigement, les infrastructures routières et la collecte des déchets.

Le coût par tonne de la valorisation des matières résiduelles est en hausse par rapport à 2017 dans la métropole, passant de 232$ à près de 287$ l’an dernier.

L’implantation de la collecte des résidus organiques, qui devrait se terminer cette année pour les immeubles de huit logements et moins, pourrait expliquer cette augmentation. Les impacts de la mesure ont permis d’enfouir 6,3% moins de matières résiduelles et d’en éliminer près de 5% par logement.

Si les investissements de voirie sont demeurés stables, ceux du déneigement continuent d’augmenter. Alors que Montréal ne payait que 16 500$ par km de route pour le déblaiement en 2017, elle en déboursait 17 800$ l’année suivante. En 2016, ce chiffre atteignait à peine 13 200$.

Appelé à réagir, le responsable de l’innovation au comité exécutif, François Croteau, avoue que de composer avec la neige est de plus en plus compliqué. «On n’a plus tellement le choix. Les circonstances climatiques nous poussent à investir davantage. Tout le monde aimerait que ça se stabilise, mais je ne suis pas certain qu’on peut l’espérer dans un contexte d’instabilité, hiver après hiver. Ça fait deux ans qu’on dépasse nos budgets», indique-t-il à Métro.

Plus pour les routes

Dans son rapport, l’administration Plante se félicite aussi d’avoir «amélioré l’état des routes». Or, un rapport d’auscultation publié en mai révélait que si 146 km de rues sont passés de l’attribution «très mauvais» à «excellent» depuis 2015, quelque 202 km en très mauvais état n’ont pas été rénovés.

Lors de l’entrée au pouvoir de Projet Montréal, la Ville déboursait environ 65 700$ pour construire un kilomètre de voie routière. L’an dernier, ce chiffre en était déjà à 66 400$ approximativement.

«Il y a un gros rattrapage à faire en matière d’infrastructures routières à Montréal, donc on a investi énormément dès notre arrivée. Pas uniquement pour les automobilistes cela dit. Aussi pour les autobus, les cyclistes et les piétons qui ont aussi besoin d’aménagements de qualité.» -François Croteau

D’ici quelques années, Montréal devra partager encore plus de données ouvertes, selon l’élu. «On peut penser aux déplacements des piétons et des cyclistes ou à l’état des trottoirs et des rues en temps réel. Ce seraient des mesures qui nous aideraient à prendre de meilleures décisions», juge-t-il.

Logement et mobilité en effervescences

Il s’est construit 325 logements supplémentaires par tranches de 100 000 habitants entre 2017 et 2018 à Montréal, soit la première année au pouvoir de l’administration Plante. Si la Ville estime que les chiffres témoignent de la croissance du marché en habitation, elle promet aussi de plancher sur «une meilleure offre de logements social, abordable et familial», notamment via son Règlement d’inclusion «20-20-20».

La mobilité y gagne aussi. Alors qu’un Montréalais effectuait en moyenne 210 déplacements en transport en commun en 2017, il en effectuait environ 225 l’an dernier. Une augmentation de plus de 6%.

«Il y a trois ans, on avait eu une baisse du transport en commun pour la première fois depuis des décennies, observe M. Croteau. On a mis les bouchées doubles avec des voies réservées, l’ajout des trains AZUR. Avec les 300 bus l’an prochain, ça va se poursuivre à la hausse.»

Toronto, Calgary et Winnipeg ont publié les mêmes données vendredi, via le Réseau d’étalonnage municipal du Canada (REMC). L’élu estime que Montréal «se compare avantageusement aux autres métropoles».