Montréal

Parc-Extension: l’arrondissement refuse de s’opposer à un projet immobilier controversé

Parc-Extension: l’arrondissement refuse de s’opposer à un projet immobilier controversé
Photo: Courtoisie, Groupe MontoniLe projet du Groupe Montoni au 495, avenue Beaumont, prévoit la construction d'un immeuble de 4 étages qui comprendra une centaine de logements locatifs.

Des résidents du quartier Parc-Extension sont allés au front mardi soir pour s’opposer à la destruction prochaine d’un immeuble vétuste destiné à être remplacé par un projet immobilier controversé. L’arrondissement a toutefois refusé d’approuver leur demande.

Depuis des mois, le Comité d’action de Parc-Extension milite activement pour empêcher le Groupe Montoni de réaliser un projet immobilier de 4 étages sur le terrain du 495, avenue Beaumont. Le promoteur prévoit d’y aménager 104 unités d’habitation, dont 41 logements de deux chambres et 19 comportant trois chambres.

Par courriel, l’entreprise indique à Métro que ce projet de plus de 22 M$ «est prévu pour 2020».

Logements sociaux

Le promoteur n’a pas encore déterminé à combien s’élèveront les loyers des logements prévus sur ce site. Il assure toutefois que ceux-ci «seront accessibles pour une mixité d’occupants».

«Le promoteur reste assez évasif. Nous croyons que [ces logements] ne seront pas accessibles à la majorité de la population de Parc-Extension», réplique l’organisatrice communautaire au Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), Amy Darwish.

Cette dernière craint que ce projet contribue à «la gentrification» de ce quartier pauvre de Montréal.Celui-ci est déjà grandement affecté par le gonflement du prix des loyers et du nombre d’expulsions de locataires.

«Nous ne croyons pas que nous avons besoin de plus de commerces ou de logements de luxe dans le quartier. Nous avons besoin de logements sociaux.» -Amy Darwish, organisatrice communautaire au Comité d’action de Parc-Extension

Refus

En 2016, la Ville a tenté d’acquérir ce terrain pour en faire 125 logements sociaux. Cela n’a toutefois pas été possible, car son offre de 4,25 M$ était inférieure à elle du Groupe Montoni. Ce dernier a donc pris possession du terrain.

Le comité de démolition de l’arrondissement a depuis émis, en septembre, un avis favorable à la démolition du bâtiment et à son remplacement par le projet du Groupe Montoni.

Le CAPE a toutefois décidé de porter en appel la décision du comité. Mardi soir, Amy Darwish a justifié la position de l’organisme communautaire en séance du conseil d’arrondissement. Selon elle, il ne serait pas trop tard pour que l’arrondissement «corrige le tir» et décide de dédier cet ancien bâtiment résidentiel à un projet de logements sociaux.

Les élus de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension ont toutefois décidé mardi soir d’approuver la démolition de cet immeuble.

«Ce projet contribue favorablement à l’ajout dans un secteur en forte demande […] Il devrait permettre de revitaliser ce secteur», a affirmé en séance du conseil d’arrondissement la conseillère du district de Parc-Extension, Mary Deros.

La mairesse de l’arrondissement, Giuliana Fumagalli, a quant à elle fait part de ses «inquiétudes» à l’égard de ce projet immobilier. Cette dernière aurait souhaité que des logements sociaux voient le jour sur ce site.

«L’ajout de logements locatifs ne permettra pas de réduire la pression sur le marché locatif. [Ce projet] contribuera plutôt à hausser les loyers dans le secteur», a-t-elle affirmé. L’élue s’est toutefois résignée à approuver ce projet, puisqu’il est de «plein droit».

Règlement d’inclusion

Le projet du Groupe Montoni n’aura par ailleurs pas à respecter le nouveau règlement d’inclusion de la Ville, qui fait actuellement l’objet d’une consultation publique. Celui-ci visera à inciter les promoteurs à inclure environ 20% de logements sociaux, 20% de logements abordables et 20% de logements familiaux dans leurs projets immobiliers.

«C’est certain qu’on aurait aimé que le Règlement pour une métropole mixte s’applique pour ce projet. Mais le processus fait en sorte qu’il sera en vigueur en 2021», a souligné mardi à Métro l’attachée de presse du comité exécutif, Laurence-Houde Roy.