Lachine & Dorval

Amazon installera son premier centre d’expédition québécois à Lachine

Amazon installera son premier centre d’expédition québécois à Lachine
Photo: David Ryder/Getty Images

Le suspense est terminé pour Amazon à Montréal, qui a confirmé vendredi l’installation d’un nouveau centre d’expédition à Lachine dès 2020. Si la mairesse de l’arrondissement, Maja Vodanovic, voit d’un très bon œil l’arrivée du géant américain, elle prévient toutefois que des discussions devront avoir lieu avec la Ville pour s’assurer que l’entreprise fasse son bout de chemin en matière d’environnement, notamment.

«On est conscients qu’Amazon, c’est aussi beaucoup d’emballage», explique à Métro celle qui représente depuis novembre 2018 la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) au sein du Conseil national zéro déchet (CNZD).

L’entreprise de Jeff Bezos, qui prévoit embaucher environ 300 personnes à temps plein dans sa nouvelle succursale, devra «participer à l’économie circulaire autour du centre de tri» de Montréal, soutient l’élue.

«En tant qu’administration municipale, on peut agir sur les poubelles, le recyclage. On peut bannir certains emballages par exemple, mais on ne peut pas transformer la manière dont on fait les choses. C’est pour ça qu’on a besoin des autres paliers de gouvernement. La Ville ne peut pas tout faire à elle seule», illustre Mme Vodanovic.

Elle appelle ainsi les gouvernements Legault et Trudeau à s’impliquer dans les éventuelles négociations qui auront lieu avec l’entreprise américaine à Montréal dans les prochaines semaines.

«Amazon existe déjà dans plusieurs autres provinces et partout en Amérique du Nord, mais son installation ici nous permet de parler directement avec eux pour transformer l’économie. On n’avait pas cette porte, cette communication avant», ajoute la mairesse de Lachine.

«Lachine sur la map»

Au niveau économique, l’arrivée du géant industriel à Lachine confirme que l’arrondissement est «l’un des joueurs les plus forts dans la logistique du transport à Montréal», soutient Maja Vodanovic. La présence d’un aéroport et d’une imposante gare de triage, ainsi que l’arrivée d’une ligne de tramway faisant office de portion de la ligne rose dans le secteur, illustre bien cette situation d’après elle.

«Ça met Lachine sur la map, lance-t-elle. Je suis très fière qu’on soit non seulement innovant en urbanisme, mais que notre économie aille bien aussi. Tout ça va beaucoup apporter à l’économie locale de Lachine et les emplois à proximité.»

Même son de cloche pour la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui s’est réjouie de la nouvelle dans un communiqué vendredi.

«Le dynamisme économique de Montréal ne se dément pas. La métropole continue d’attirer des joueurs importants.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Selon Mme Plante, les discussions que la Ville a déjà eues avec les responsables d’Amazon «ont révélé que la mobilité durable, la main d’œuvre qualifiée, le développement durable et la qualité de vie étaient au cœur des préoccupations de l’entreprise».

Une première au Québec

Il s’agira du sixième centre d’expédition d’Amazon au Canada, mais le premier à s’installer au Québec. Les nouveaux locaux seront inaugurés à la fin 2020, selon les premiers échéanciers.

Les équipes seront chargées de préparer et d’envoyer les commandes passées sur le site.

Il y a deux ans, Montréal était dans la course pour accueillir les nouveaux quartiers généraux de la marque. La métropole n’a toutefois pas été mise sur la liste courte de villes candidates.

L’entreprise a finalement décidé d’ouvrir deux nouveaux centres, l’un à New York, l’autre à Washington.


En collaboration avec Claire Aboudarham