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Des élus des quartiers anglophones de Montréal entament une contestation de la carte électorale provinciale

Marvin Rotrand, conseiller municipal indépendant représentant le district Snowdon.
Marvin Rotrand Photo: Josie Desmarais/Métro

Des élus municipaux de Montréal entament une contestation en cour de la carte électorale provinciale, qu’ils jugent «injuste». La mesure, parainnée entre autres par le conseiller municipal indépendant Marvin Rotrand, comprend une campagne de financement populaire.

Les plaignants, qui comptent aussi les maires de Hampstead et Côte-Saint-Luc, entre autres, se feront entendre la semaine prochaine. Ils s’attaquent à la carte électorale établie en 2017 et utilisée lors des élections provinciales de 2018. Ils se disent déçus qu’il n’y a plus que deux circonscriptions pour représenter les quartiers centraux anglophones de Montréal, alors qu’il y en avait trois auparavant. La circonscription de Mont-Royal a été fusionnée à celle d’Outremont.

«C’est clair que Montréal a perdu de sa représentation politique à l’Assemblée nationale. Notre poids relatif y est plus petit», constate M. Rotrand, conseiller de ville dans Snowdon.

Aux élections 2018, Montréal abritait 27 des 78 circonscriptions électorales québécoises.

«Les jours où les circonscriptions rurales devaient être surreprésentées sont arrivés à terme.» – Marvin Rotrand, conseiller municipal

M. Rotrand espère financer la contestation par une campagne GoFundMe.

Partout dans la province

L’élu souligne toutefois que le problème n’affecte pas que la métropole. «La circonscription d’Arthabaska (Centre-du-Québec) compte 60 500 électeurs. Un vote là-bas compte pour moins de la moitié qu’un vote dans Gaspé, qui compte environ 30 000 électeurs», explique-t-il.

La Loi électorale québécoise statue que le total d’électeurs d’une circonscription «ne peut être inférieur ni supérieur à plus de 25 % par rapport à la moyenne» provinciale. Pourtant, selon les plaignants de cette affaire, six circonscriptions contreviennent à la Loi.

Si la contestation de la carte électorale provient des quartiers anglophones, ce n’est que parce qu’il y a eu une «contestation populaire» dans le secteur après la révision de la carte, prévient Marvin Rotrand. «Ce n’est pas une lutte partisane. Ça devrait être la préoccupation de tous, de s’assurer que les résultats électoraux reflètent la volonté populaire», indique l’élu montréalais.

Pour une meilleure représentation

Le maire de la Ville de Hampstead, Bill Steinberg, maintient pour sa part que l’actuelle carte a des ramifications jusque dans la représentation des citoyens à l’échelle nationale. Selon le dernier recensement canadien, D’Arcy-McGee – la circonscription qui abrite Hampstead – comptait en 2016 près de 50% d’électeurs anglophones et plus de 5% de locuteurs du Tagalog, une langue philippine.

«Les résidents de Hampstead sont parfaitement conscients de leur perte de représentation», avance M. Steinberg.

M. Rotrand fait entendre le même son de cloche. «Je ne dis pas que la Loi 21 n’aurait pas été adoptée, mais elle aurait peut-être été plus nuancée si les circonscriptions urbaines avaient eu un plus grand rôle», signale-t-il.

 

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