Montréal

La guignolée des mal-logés

La guignolée des mal-logés
Photo: Voix Pop – Annie BourqueSandrine Belley, organisatrice communautaire du POPIR-Comité logement, la militante Luce Parisien et Marion Ngot du P.O.P.I.R-comité logement.

Par un froid polaire, une trentaine de militants de groupes communautaires réclament la construction de 3000 logements sociaux dans le Sud-Ouest et 50 000 autres dans tout le Québec.

«Nous sommes là aujourd’hui  pour interpeller le gouvernement Legault quant à la nécessité d’ajouter plus d’unités sociales dans le programme Accès-Logis», a affirmé Marion Ngot, du P.O.P.I.R-comité logement, lors d’une manifestation, lundi matin, baptisée «La Guignolée des mal-logés».

Actuellement, quelque 3355 des ménages déboursent plus de 50% de leur revenu mensuel pour louer un logement dans le Sud-Ouest. Et 1535 des locataires dépensent plus de 80% de leur revenu mensuel pour se loger.

«Ce problème touche particulièrement les femmes seules et monoparentales. On milite fort parce qu’elles sont de plus en plus confrontées à l’itinérance», ajoute Mme Ngot.

Témoignage

C’est le cas de Cheryl Hamet, 28 ans, qui était enceinte au moment de sa séparation en mai dernier. Durant l’été, elle avoue avoir «squatté» dans son propre logement, le temps de trouver un autre logis. «Les propriétaires n’ont pas de pitié et on m’a même coupé l’électricité», raconte la maman d’un bambin de trois mois.

Elle a trouvé un appartement à Pointe-Saint-Charles, un 3 ½ qui coûte 775$. Elle reçoit 1022$ en prestations d’aide sociale. «Je vais à l’épicerie Le Détour et une fois par mois à la banque alimentaire de Saint-Vincent-de-Paul», confie Mme Hamet qui doit souvent utiliser son allocation familiale du gouvernement fédéral pour joindre les deux bouts.

De son côté, la militante au POPIR-Comité Logement, Luce Parisien se désole de voir ses amis et voisins quitter leur logement en raison de l’embourgeoisement. De plus en plus d’entre eux sont expulsés par des propriétaires, attirés par l’appât du gain.

Il y a urgence d’agir, selon elle, car les gens n’ont pas de plan B face aux menaces d’évictions qui planent comme une épée de Damoclès sur les locataires. «La frustration laisse souvent place à l’indignation et la volonté de se mobiliser pour avoir un logement décent. Être mal-logé, c’est une réalité qui ne devrait plus exister», croit Mme Parisien.

Sensibilisation

À la veille de Noël, les militants souhaitent que la Guignolée des mal-logés sensibilise les différents paliers de gouvernement.

«Un panier de Noël, c’est bien beau, mais si on veut faire sortir les gens de la pauvreté, il faut leur donner des logements sociaux. On ne demande pas la charité, on veut un toit décent et cela, c’est la responsabilité des élus», affirme Mme Parisien, aussi militante aussi pour le comité À nous la Malting. Cet organisme priorise la mise en réserve d’un terrain de l’ancienne usine Malting qui servirait pour des logements sociaux.

«C’est toujours une lutte. On demande à l’arrondissement du Sud-Ouest d’agir et on nous renvoie à la Ville centre», déplore Mme Parisien.

Cette action d’éclat s’est tenue dans le cadre de la campagne du logement social de l’organisme FRAPRU.

3355

3355 des locataires du Sud-Ouest dépensent plus de 50% de leur revenu mensuel pour se loger. Et 1535 d’entre eux déboursent plus de 80% de leur revenu pour se loger.