Montréal
11:21 10 décembre 2019 | mise à jour le: 10 décembre 2019 à 13:55 temps de lecture: 4 minutes

Quotes-parts: les villes liées dénoncent le mutisme de l’administration Plante

Quotes-parts: les villes liées dénoncent le mutisme de l’administration Plante
Photo: MétroLe président des villes liées, Beny Masella, appelle la Ville à relancer le dialogue sur les quotes-parts.

Les villes liées de l’agglomération dénoncent la fermeture de la Ville de Montréal à entamer une révision du partage des coûts des services, plus communément appelé les quotes-parts. Les maires de l’Association des municipalités de banlieue (AMB) s’opposeront pour cette raison à l’adoption du budget 2020, mardi soir.

«En ce moment, des villes comme Beaconsfield ou Hampstead, qui ont des grandes hausses d’évaluation foncière, voient leur facture de quotes-parts augmenter de 7 ou 8%. Mais ils n’ont pas de nouveaux services, pas de nouveaux bus, rien», déplore le président de l’AMB, Beny Masella, en entrevue avec Métro.

Sur l’île de Montréal, l’établissement des quotes-parts se base presque exclusivement sur l’évaluation et la richesse foncière. La situation fait en sorte que la Ville de Montréal, qui représente 88% de la population totale de l’île, paie seulement 82% des coûts de services d’agglomération. Les villes liées, qui représentent 12% de ce même groupe, assument 17,5% du prix total.

«Dans le modèle actuel, aux trois ans, il va y avoir des gagnants et des perdants. Ça ne tient pas la route. Ça n’a pas d’allure.» -Beny Masella, qui est aussi maire de Montréal-Ouest

Si la diminution moyenne de 0,59% des quotes-parts des villes liées est «la bienvenue», elle n’est pas suffisante pour régler les «iniquités structurelles dans la répartition des coûts», plaide M. Masella. «Ce budget reste selon nous un bon pas en avant, mais il y a toujours un problème profond. Le moyen qu’on utilise pour partager les coûts est tout simplement inéquitable», insiste-t-il.

Peu ou pas de dialogue

Les villes liées dénoncent par ailleurs l’attitude hostile de l’administration Plante à l’égard des négociations. «Ils ne sont même pas à la table, ils se ferment au dialogue. Depuis mai dernier, on n’a aucune nouvelle de la Ville. On a été obligés d’aller voir la ministre des Affaires municipales [Andrée Laforest] pour qu’elle les incite à revenir vers nous. Il faut qu’on ait des discussions approfondies», tonne M. Masella.

En un an et demi, l’AMB affirme avoir déjà proposé quatre solutions de rechange à la Ville, mais aucune d’entre elles n’a été examinée par l’administration. «Ce sont des avenues sérieuses, utilisées dans plusieurs MRC à travers le Québec», déplore le responsable.

Il s’agit d’un revirement important par rapport à l’an dernier, alors que l’AMB se disait satisfaite des discussions avec l’administration Plante.

Le groupe rendra mardi soir un rapport préliminaire exposant son opinion complète, en marge de la Commission sur les finances et l’administration. «De notre point de vue, les sommes versées en quotes-parts par les citoyens des villes liées de l’agglomération sont, dans une très forte proportion, significativement plus élevées que celles de Montréal pour les services d’agglomération», lit-on d’emblée dans le document.

Cette situation démontre «une fois de plus les limites» du système actuel, ajoute-t-on, appelant les autorités politiques à se mobiliser pour soutenir l’AMB dans son combat.

Ensemble Montréal votera contre le budget

À l’instar de l’opposition officielle, les villes liées demandent aussi à Montréal de «déposer un plan détaillé» de redressement de la dette d’ici cinq ans.

Le part Ensemble Montréal compte d’ailleurs voter contre le budget 2020 en raison du «manque de discipline» de l’administration Plante dans la gestion de ses dépenses.

«Il n’y a aucune marge de manoeuvre de la part de cette administration», a déclaré mercredi en conférence de presse le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez.

Le parti a présenté mardi son rapport minoritaire sur le budget 2020.

Une séance extraordinaire du conseil municipal aura lieu mercredi après-midi pour permettre aux élus de Montréal d’adopter officiellement le budget de la Ville ainsi que son Programme triennal des immobilisations 2020-2022.

Avec la collaboration de Zacharie Goudreault.

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