Montréal
16:34 4 février 2020 | mise à jour le: 4 février 2020 à 19:34 temps de lecture: 4 minutes

REM: mobilisation populaire pour réclamer plus de mesures d’atténuation

REM: mobilisation populaire pour réclamer plus de mesures d’atténuation
Photo: Pablo Ortiz/MétroLa députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal, à l'avant.

Québec solidaire a déposé mardi après-midi une pétition qui a recueilli plus de 2100 signatures réclamant plus de mesures d’atténuation pendant les travaux de construction du Réseau express métropolitain (REM). Le parti suggère de retarder la fermeture du tunnel du mont Royal jusqu’à ce que les mesures soient mises en place.

«Il y a plusieurs mesures qui ont été proposées, mais il y a un manque de flexibilité. C’est ce manque de flexibilité qui fait que des personnes vont quitter le transport en commun pour aller vers la voiture», explique à Métro la députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal.

Cette dernière est à l’origine de la pétition déposée mardi après-midi à l’Assemblée nationale. Le document propose notamment que des bus en partance de chaque gare de train de la ligne de Deux-Montagnes circulent sur des voies réservées jusqu’au centre-ville.

Une telle mesure serait mise en place à temps pour la fermeture du tunnel du mont Royal, prévue à la fin mars. Celle-ci viendra bousculer les habitudes de déplacements de 15 000 usagers quotidiens de la ligne de train de banlieue de Deux-Montagnes et de quelques milliers de clients de la ligne de Mascouche. 

«On est 15 000 usagers. Ce sont 15 000 familles qui vont être affectées», souligne le porte-parole du Mouvement/Rally Train Deux-Montagnes, Francis Millaire.

Accès au centre-ville

La pétition, qui a été rédigée par la citoyenne de Deux-Montagnes Véronique Goudreau, affirme que les mesures d’atténuation des travaux du REM viendront doubler, «voire tripler», les temps de déplacements quotidiens des citoyens. Elles pourraient aussi «causer de l’engorgement dans le métro de Montréal et sur les autoroutes de la région». 

«C’est le temps que le gouvernement se penche sur la question et trouve des solutions qui sont plus adaptées à nos besoins», dit Mme Goudreau. Cette dernière s’est déplacée à l’Assemblée nationale mardi pour assister au dépôt de la pétition.

«Des citoyens vont devoir faire des choix déchirants, comme celui de déménager ou d’abandonner leur travail. D’autres vont retourner à la voiture, ce qui n’est vraiment pas souhaitable.» -Francis Millaire, porte-parole du Mouvement/Rally Train Deux-Montagnes

Des mesures bonifiées

En novembre, Québec annonçait une bonification des mesures d’atténuation entourant les travaux du REM. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a autorisé une bonification du service sur une ligne de bus d’exo reliant Deux-Montagnes au centre-ville, en plus de créer une navette qui se rendra à la gare Sainte-Thérèse, sur la ligne de train de Saint-Jérôme. 

Afin de faciliter les déplacements des usagers de la ligne de Mascouche, le MTQ a aussi conclu une entente avec le CN. Celle-ci permettra aux trains d’emprunter temporairement une voie qui contourne le mont Royal pendant les heures de pointe. Les trains qui y circuleront continueront d’avoir accès au centre-ville. 

Les signataires de la pétition réclament de permettre aux usagers du train de Deux-Montagnes de pouvoir aussi emprunter une telle voie de contournement le moment venu.

«Les gens qui prennent le train de Deux-Montagnes ont proposé plusieurs solutions. Mais on leur a dit non», déplore Mme Ghazal. 

«Il faut être réaliste et voir ce qui est vraiment faisable», indique pour sa part le président de Trajectoire Québec, François Pepin. Ce dernier doute d’ailleurs que la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ) accepterait de retarder de nouveau la fermeture du tunnel du mont Royal.

Le cabinet de la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, a pour sa part rappelé que cette dernière a rencontré des usagers de la ligne de Deux-Montagnes en octobre dernier pour entendre leurs préoccupations et leurs demandes.

«Nous ne pouvons surtout pas dire que notre gouvernement n’a pas agit, contrairement aux libéraux qui n’avaient pas de plan lors de notre arrivée en poste», ajoute le cabinet dans un courriel.

En tout, le budget de l’ensemble des mesures d’atténuation pendant les travaux du REM atteint 222 M$, en tenant compte de l’entente avec le CN.

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