Montréal
16:52 18 février 2020 | mise à jour le: 18 février 2020 à 17:01 temps de lecture: 4 minutes

Coup d’envoi à la réfection des tunnels Ville-Marie et Viger

Coup d’envoi à la réfection des tunnels Ville-Marie et Viger
Photo: Pablo Ortiz/MétroMétro avait visité en septembre les tunnels Ville-Marie et Viger, en compagnie d'experts et d'analystes du MTQ.

Le gouvernement Legault donne le «coup d’envoi» à la réfection majeure devant être effectuée dans les tunnels Ville-Marie et Viger. Celle-ci entraînera des entraves à la circulation à Montréal jusqu’en 2030. Les premiers appels d’offres seront lancés dans les prochains jours, en vue d’un début des travaux à l’été 2020.

Vu «l’ampleur du projet et sa complexité» technique, le gouvernement privilégiera la séparation des travaux en «six lots de construction». Chacun d’entre eux fera l’objet de plusieurs appels d’offres distincts, avec pour objectif «d’optimiser l’enchaînement des interventions». Le coût global des travaux, entièrement financé par Québec, atteindra un peu plus de 2 G$.

D’ici la fin du printemps, les autorités lanceront aussi les travaux de réfection des bretelles de la sortie de la Montagne, située dans la portion la plus à l’ouest du tunnel Ville-Marie. Des entraves importantes à la circulation seront donc à prévoir dans le secteur. Le chantier affectera également de grandes artères comme Saint-Laurent et Saint-Urbain.

«L’impact reste assez difficile à prévoir. Le trafic, c’est organique, c’est vivant. Quand les gens vont voir les travaux, ils vont s’adapter. Chose certaine: il y aura des entraves importantes dans ce secteur-là.» -Gilles Payer, porte-parole au Ministère des Transports (MTQ)

Les tabliers des ponts Saint-Laurent et Saint-Urbain seront également reconstruits dès cette année. Des travaux de reconversion électrique – pour passer au 25 kilovolts – ainsi que le remplacement de 37 ventilateurs d’extraction, sont aussi prévus.

Un expert se prononce

Appelé à réagir, le chargé de cours Pierre Barrieau, expert en planification des transports, envisage une période particulièrement difficile pour les automobilistes montréalais dans les prochains mois.

«Ce qui me fait peur, personnellement, c’est qu’on entame ce chantier en même temps que celui de l’autoroute métropolitaine, qui est aussi majeur. Si on entrave les deux seules autoroutes est-ouest sur l’île de Montréal en même temps, d’autant plus que ce sont des axes de camionnage, ce pourrait être très difficile», observe-t-il en entrevue à Métro.

«On risque d’avoir des problèmes de capacité à absorber ces deux chantiers-là cet été.» -Pierre Barrieau, expert en planification des transports

Selon l’expert, les usagers du transport collectif utilisent peu les tunnels Ville-Marie et Viger. Et cela engendre un autre enjeu.

«Il y a une grande quantité de déplacements qui ne pourront être remplacés par le transport en commun, juge-t-il. On parle d’autobus interurbains, de voitures sur des longues distances, de taxis vers l’aéroport. C’est plus difficile à compenser.»

M. Barrieau affirme que le MTQ devra s’attarder à imaginer des mesures «d’optimisation» pour le réseau de surface, afin «d’anticiper la congestion qui va débarquer» sur les artères locales.

Des tunnels vieillissants

À terme, Québec doit retaper 10 kilomètres de chaussée, ainsi qu’une trentaine de murs de soutènement, une dizaine de ponts d’étagement et neuf tubes de circulation.

La structure des tunnels Ville-Marie et Viger s’est effectivement largement détériorée depuis leur construction dans les années 70. Plusieurs composantes des infrastructures souterraines, dont la ventilation, l’électricité et le drainage, doivent être remises à neuf de manière urgente.

Près de la moitié des travaux seront «invisibles» aux yeux de tous, car ils seront réalisés à l’extérieur des voies.

Situé entre la rue Guy et le boulevard Saint-Urbain, le tunnel Ville-Marie fait 5,4 km de longueur. Environ 116 000 véhicules l’empruntent quotidiennement. Le tunnel Viger, beaucoup moins emprunté, totalise 1,3 km de chaussée.

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