Mercier & Anjou
13:38 21 février 2020 | mise à jour le: 21 février 2020 à 13:50

Journées de la persévérance scolaire: un taux de diplomation en hausse

Journées de la persévérance scolaire: un taux de diplomation en hausse
Photo: iStock

Au cours des dernières années, le taux de diplomation des jeunes a fortement augmenté à Montréal. Malgré cette bonne nouvelle au terme des Journées de la persévérance scolaire, du travail reste encore à accomplir pour favoriser la réussite de tous les élèves.

«C’est important de souligner que le taux de diplomation n’a jamais été aussi élevé au Québec. Même s’il y a encore beaucoup de travail à faire, un effort concerté permet d’obtenir ce résultat, et il faut continuer dans cette voie», s’enthousiasme Claude St-Cyr, professeur à la Faculté de l’éducation de l’Université de Montréal.

Pour la cohorte d’élèves de 2013, la dernière pour laquelle le ministère de l’Éducation dispose de chiffres, 68,8 % des élèves de Montréal ont obtenu leur diplôme en 2018, soit en cinq ans. Un taux qui était sous la barre des 60 % jusqu’à la cohorte de 2008.

En comptabilisant les élèves qui ont eu besoin de plus de temps pour réussir leur secondaire, 82,3 % de la cohorte de 2011 avaient obtenu leur diplôme 7 ans plus tard. Un nombre également en augmentation.

À la Commission scolaire de la Pointe de l’Île (CSPI) et la Commission scolaire de Montréal (CSDM), une hausse est également remarquée. En 2018, respectivement 60,9 % et 60 % des élèves avaient obtenu leur diplôme en cinq ans, et 77,4 % et 74,4 % en sept ans.

«Il y a eu des compressions importantes dans le réseau de l’éducation pendant les années libérales, mais malgré cela, le taux de diplomation a continué de s’élever. Ça veut dire que bien que les conditions de réalisation de sa tâche ne soient pas faciles, il y a un engagement du personnel qui est important et qu’il faut saluer», ajoute M. Saint-Cyr.

Encore place à l’amélioration

Malgré ses nombres qui sont en hausse, il serait encore possible de faire mieux, selon l’expert, à condition d’y mettre les ressources. «L’augmentation est du jamais vu au Québec. On part de loin lorsqu’on regarde les taux d’il n’y a pas si longtemps, mais on a encore du travail à faire , souligne M. St-Cyr.

La situation de plein emploi actuel, où le taux de chômage est à son plus bas, ne semble pas avoir d’influence sur les taux de diplomation. «Je pense que les jeunes et leurs parents comprennent que ce n’est pas parce qu’il y a des emplois et des opportunités que c’est payant de quitter rapidement les études pour travailler», remarque l’expert, malgré le fait que selon lui, il faut encore davantage valoriser l’importance du diplôme.

Bien que de diplômer tous les élèves soit probablement irréalisable, la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) démontre, d’après M. Cyr, que le nombre pourrait se rendre dans les 85% à 90%.

«Il faudra continuer à investir, en particulier pour le développement des enseignants. C’est la clé, c’est ce qui fait la force de nos écoles. Si on était capable de valoriser notre système scolaire public, ça aiderait au recrutement de nouveaux profs, et appuierait les efforts qui sont déjà faits. »

Des taux importants chez les anglophones

À la CSEM, et à la Commission scolaire Lester-B.-Pearson, les taux s’élèvent respectivement à 81 % et 84,1 % en 5 ans pour la cohorte de 2013, et à 92,4 et 89,5 % en 7 ans pour la cohorte de 2011. Des pourcentages qui sont parmi les plus élevés au Québec.

«Le fait d’être dans une minorité fait que l’intérêt envers la scolarisation des enfants est plus important. On observe le même phénomène chez les francophones en Ontario, remarque M. St-Cyr. Il y a aussi plus d’espaces dans les écoles anglophones, qui sont en décroissance. Ce qui permet de dégager des ressources.»

À la CSEM, où les chiffres sont les plus élevés au Québec, on s’enthousiasme particulièrement de ce taux de diplomation.

«Nous ne perdons jamais de vue notre but premier: la réussite des élèves, et nos résultats en sont la preuve. Notre objectif vise à faire en sorte que tous les élèves développent leur plein potentiel », déclare Ann Marie Matheson, directrice générale de cette organisation scolaire et présidente du Réseau Réussite Montréal.

Satisfaction à la CSDM

À la CSDM, on s’enthousiasme du fait que la commission scolaire s’améliore plus rapidement que les autres et que l’écart entre celle-ci et les moyennes montréalaise et provinciale diminuent.

«La CSDM est heureuse de contribuer à l’amélioration des résultats pour l’ensemble de Montréal. Nous sommes fiers de bénéficier de l’expertise requise pour soutenir la réussite de tous nos élèves», ajoute Alain Perron, responsable des relations de presse de la commission scolaire.

 

Taux de diplomation sur 5 ans / 7 ans en 2018

72,7 % / 81,8 % dans l’ensemble du Québec

68,2 % / 78,6 % dans le réseau public

88,9 % / 92,9 % dans le réseau privé

 

À Montréal sur 5 ans / 7 ans en 2018

CSPI : 60,9 % / 77,4 %

CSDM : 60 % / 74,4 %

CSMB : 73,3 % / 87,8 %

CSEM : 81 % / 92,4 %

CSLBP : 84,1 % / 89,5 %

(Source : Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur)

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