Montréal
07:46 20 avril 2020 | mise à jour le: 20 avril 2020 à 07:47

Transport collectif: le masque n’est pas à l’ordre du jour… pour l’instant

Transport collectif: le masque n’est pas à l’ordre du jour… pour l’instant
Photo: Pablo Ortiz/MétroDe nouvelles directives sur l'utilisation des masques dans le transport canadien sont entrées en vigueur lundi dernier.

Malgré les recommandations du ministère fédéral des Transports, le port du masque pour les usagers du transport collectif n’est toujours pas à l’ordre du jour dans la grande région de Montréal. La situation pourrait toutefois changer lorsque s’amorcera le déconfinement.

Vendredi dernier, le ministre Marc Garneau a rendu obligatoire le port du masque pour tous les passagers voyageant par avion au Canada. La directive entrera en vigueur lundi à midi.

Dans le même esprit, le ministère a «vivement» encouragé les usagers voyageant en train, en autobus ou en autocar «à porter des masques non médicaux ou des couvre-visages autant que possible».

Pour l’instant, les réseaux de transport métropolitains rejoints par Métro n’ont pas l’intention de rendre obligatoire le port du masque pour tous.

«À l’heure actuelle, le port du masque est recommandé pour les personnes malades et les professionnels de la santé et c’est ce que la STM applique», a expliqué par courriel Philippe Déry, porte-parole de la Société de transport de Montréal.

La STM précise qu’elle est en «contact étroit avec les autorités de santé publique et suit leurs recommandations pour assurer la santé et la sécurité de ses clients et employés. […] La situation est évolutive et, advenant que les consignes changent, nous appliquerons les changements demandés.»

Même son de cloche du côté d’exo, qui gère les trains et les autobus reliant Montréal et ses banlieues.

«Nous voyons d’un bon œil la recommandation adressée aux passagers de porter un masque. Cependant, à ce jour, avec le faible taux d’achalandage que nous observons dans nos services, nous sommes en mesure de respecter la distanciation sociale à l’intérieur de nos véhicules», a assuré Catherine Maurice, porte-parole d’exo.

À moyen terme, l’affluence plus grande dans les transports en commun provoquée par la reprise graduelle des activités économiques pourrait toutefois rendre nécessaire le port du masque, a laissé entendre exo.

«Nous suivons également les tendances qui se dessinent notamment en Europe, et plus près de nous, à New York, où la question du port du masque est abordée depuis quelques semaines. Nous verrons si la santé publique fera d’autres recommandations en ce qui nous concerne.»

Le Réseau de transport de Longueuil (RTL) n’a pas l’intention d’appliquer de nouvelles mesures sanitaires, mais affirme suivre de près l’évolution de la situation. La Société de transport de Laval (STL) n’a pas donné suite à nos questions.

En fonction de la relance

«Lorsque la reprise va se faire, il faudra que les gens puissent retourner dans le transport collectif et y soient en sécurité. Le port du masque pourrait être un élément supplémentaire pour améliorer des employés et des usagers», a estimé François Pépin, président de Trajectoire Québec.

Le président de Trajectoire Québec suggère d’emprunter la méthode préconisée en Espagne, où c’est l’État qui fournit les masques à ceux et celles qui prennent le transport collectif.

«Les masques artisanaux, c’est beau, mais ils sont de qualités inégales et on ne sait pas à quel point ils permettent de protéger les autres.»

François Pépin préconise également un retour rapide à la prestation de services d’avant la crise et l’adoption d’horaires de travail flexibles. Tout cela pour éviter que trop de travailleurs se retrouvent au même moment au même moment.

«Les sociétés de transport et les entreprises doivent faire le maximum pour rendre le réseau sécurité tout en favorisant la distanciation sociale. C’est important que le transport collectif puisse à jouer à nouveau le rôle qu’il avait avant la pandémie, sinon Montréal va crouler sous les bouchons.» – François Pépin

La semaine dernière, la STM a fait allusion à des règles de distanciation sociale «adaptées» lorsque le confinement aura pris fin.

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