Montréal
17:04 20 avril 2020 | mise à jour le: 20 avril 2020 à 17:28 temps de lecture: 4 minutes

Toujours plus de plaintes à l’ombudsman de Montréal

Toujours plus de plaintes à l’ombudsman de Montréal
Photo: Archives | MétroL'ombudsman de Montréal, Me Johanne Savard.

Le nombre de plaintes à l’ombudsman de la Ville de Montréal a connu une nouvelle croissance l’an dernier. Elles ont entre autres porté sur des pistes cyclables et des problèmes d’obtention de permis de zonage par des citoyens, révèlent des documents officiels parus lundi.

L’équipe de l’ombudsman de Montréal, Johanne Savard, a traité 1966 dossiers l’an dernier, dont 1910 nouvelles demandes, ce qui constitue une augmentation par rapport à 2018, lit-on dans le rapport annuel de l’organisme. Celui-ci a fait l’objet d’une adoption par les élus du conseil municipal lundi après-midi.

«On est toujours sur une courbe croissante d’année en année. Il y a seulement 2017, où il y a eu un pic en raison de la législation sur les pitbulls», explique à Métro Mme Savard, qui voit cette situation d’un bon œil. 

«Ça veut dire que les gens nous connaissent davantage et les gestionnaires réalisent aussi qu’on est une ressource pour la Ville», constate celle qui tirera son flambeau dans les prochains mois, après 17 ans de service. Elle sera remplacée par une nouvelle recrue, qui n’a pas encore été sélectionnée. 

Grogne autour des pistes cyclables

En réponse à ces plaintes, l’ombudsman a mené l’an dernier 259 nouvelles enquêtes qui se sont ajoutées aux 56 qui étaient déjà en cours. Celles-ci portent sur des sujets très divers, comme l’accessibilité universelle, les constats de stationnement et l’accès à l’information. L’ombudsman a aussi entamé 31 nouvelles enquêtes portant sur des pistes cyclables, dont le nombre est en hausse chaque année.

«Il y a des gens qui se plaignent qu’il y en a trop, que ça les dérange devant chez eux ou qu’il y a des enjeux de sécurité», évoque Me Savard.

L’an dernier, l’ombudsman est notamment intervenu pour améliorer la sécurité sur les bandes cyclables mises en place sur la rue de Verdun dans le cadre d’un projet pilote de l’arrondissement. Le rapport mentionne que plusieurs citoyens se sont plaints des enjeux de sécurité aux intersections le long de cette rue. Après l’enquête de l’ombudsman, l’arrondissement a apporté «rapidement» des correctifs, notamment en ajoutant du marquage au sol aux intersections.

«Ça a été modifié dans les deux semaines pour devenir sécuritaire pour les cyclistes», souligne l’ombudsman. 

«Si on n’était pas là pour trouver les arguments, ça n’arriverait pas des choses comme ça.» -Johanne Savard, ombudsman de la Ville de Montréal

L’ombudsman est aussi intervenue pour réclamer des améliorations à la piste cyclable du boulevard De Maisonneuve, dans le secteur du Quartier des spectacles. «Les risques de conflits entre piétons et cyclistes y sont particulièrement importants», ajoute-t-on dans le rapport. Celui-ci indique toutefois que la Ville s’est engagée à corriger cette situation. 

Zonage

L’ombudsman a également ouvert 35 nouvelles enquêtes portant sur des règles de zonage et d’urbanisme. Alors que la métropole connaît un véritable boom immobilier, 67 plaintes ont porté l’an dernier sur les défis qu’ont rencontrés des citoyens pour obtenir un permis de construction, de démolition ou de transformation.

«On en a beaucoup […] Dans beaucoup de cas, il faut ouvrir les registres. Il y a souvent des demandes qui sont dérogatoires», constate Mme Savard. 

L’ombusdsman montre aussi du doigt le manque d’encadrement de la Ville concernant les logements sociaux et familiaux. Son rapport fait effectivement état de «lacunes importantes» dans l’encadrement des règles qui s’appliquent pour ces types de logements. On souligne notamment l’«absence d’exigences liées aux revenus pour pouvoir obtenir un tel logement».

Ainsi, ces logements «ne sont pas toujours attribués à la clientèle cible», souligne l’ombudsman, qui demande à la Ville de corriger le tir.

Appelé à réagir, le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est dit «sensible» à cet enjeu.

«Nous travaillons actuellement sur la nouvelle mouture du programme AccèsLogis Montréal et dans le cadre de nos rencontres de co-design avec les partenaires, nous allons nous pencher spécifiquement sur comment mieux atteindre les clientèles cibles», a indiqué son attachée de presse, Geneviève Jutras.

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